Michel Tournier oppose souvent deux manières d'appréhender le temps à travers les concepts de "primaire" et de "secondaire", empruntés à la caractérologie. Pour l'auteur, les "primaires" n'éprouvent ni regret ni angoisse de l'avenir et vivent au présent. Les " secondaires ", au contraire, gardent un pied dans le passé et redoutent l'inconnu. Ces deux modes d'appréhension du temps, affirme Tournier, se retrouvent en littérature et se traduisent par des choix esthétiques. C'est à cette vision du temps que s'intéresse la présente étude. Elle montre l'évolution de la percep- tion du temps dans l'œuvre de Tournier, qui apparaît comme un " secondaire " cherchant à se rapprocher d'un idéal " primaire ". Cette évolution s'accompagne notamment de changements génériques: des gran ...
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L'initiation au temps dans le roman mythologique : Vendredi ou les Limbes du Pacifique, Le Roi des Aulnes et Les Météores
L'angoisse du temps : état initial des personnages de la trilogie
Les réponses à l'angoisse du temps
Les limites de l'initiation au temps
Du pessimisme gai à la célébration : des contes et nouvelles aux recueils de textes brefs
Du Coq de bruyère au Médianoche Amoureux : itinéraire d'une valorisation du conte au nom d'une poétique de la célébration
Gaspard, Melchior et Balthazar : vers l'apaisement et la célébration
Petites Proses, Célébrations et Journal extime : le triomphe de la " primarité " dans les textes courts non-fictionnels de la maturité ?
Un " Antidestin " : les enjeux temporels de l'art et de l'entreprise littéraire
Esthétique littéraire et choix génériques au prisme de la postérité
Graver le moi dans la pierre : du portrait photographique à l'entreprise littéraire
Michel Tournier oppose souvent deux manières d'appréhender le temps à travers les concepts de "primaire" et de "secondaire", empruntés à la caractérologie. Pour l'auteur, les "primaires" n'éprouvent ni regret ni angoisse de l'avenir et vivent au présent. Les " secondaires ", au contraire, gardent un pied dans le passé et redoutent l'inconnu. Ces deux modes d'appréhension du temps, affirme Tournier, se retrouvent en littérature et se traduisent par des choix esthétiques. C'est à cette vision du temps que s'intéresse la présente étude. Elle montre l'évolution de la percep- tion du temps dans l'œuvre de Tournier, qui apparaît comme un " secondaire " cherchant à se rapprocher d'un idéal " primaire ". Cette évolution s'accompagne notamment de changements génériques: des grands romans mythologiques – Vendredi ou les limbes du Pacifique (1967), Le Roi des Aulnes (1970), Les Météores (1975) – vers des formes plus brèves – contes et nouvelles (Le Coq de bruyère, 1978; Le Médianoche amoureux, 1989), romans (Gaspard, Melchior et Balthazar, 1980), recueils de textes brefs non-fictionnels (Petites proses, 1986, Célébrations, 1999, Journal extime, 2002). Cette étude met en évidence la configuration du temps propre à ces différents genres à travers une double approche chronologique et esthétique qui souligne l'existence de plusieurs périodes dans l'œuvre de Tournier.