" Quand on dépasse les bornes, il n'y a plus de limites " ; la fameuse formule attribuée au Sapeur Camember suffirait à justifier l'intérêt d'une approche scientifique du phénomène de la provocation. Comment mieux comprendre la cohérence d'une société qu'en s'interrogeant sur ce qu'elle refuse, sur ce " qui ne se fait pas ". Et l'on passe ainsi du geste enfantin de défi à l'autorité parentale à l'action subversive d'un groupe d'exaltés ou à la déclaration spectaculaire en duel. Toutes ces attitudes provocatrices ou provocantes – les termes ne sont pas synonymes – relèvent-elles d'une même " culture de la provocation " ?L'histoire culturelle et politique des sociétés contemporaines ne peut se réduire à la transmission scrupuleuse du patrimoine et des héritages. Depuis le ...
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Didier Francfort – Du bon usage provincial de la provocation ou comment " dépatrimonialiser " l'histoire culturelle Jean El Gammal – Polémistes et provocateurs de l'affaire Dreyfus à 1914 Gerd Krumeich – Marcel Sembat : socialiste, militant intellectuel et provocateur Cylvie Claveau – " La fabrique de l'indignation publique dans les années trente : la Ligue des Droits de l'Homme " Stanisaw Fiszer – Provocation ou défi au terrorisme de la forme chez WItold Gombrowicz Gilbert Meynier – Le FLN : une provocation à géométrie variable Matthieu Remy – La provocation situationniste Jérôme Pozzi – Mai 1968 à Nancy : la provocation dans tous ses états ? Etienne Criqui – Coluche Président ? La candidature de Coluche à l'élection présidentielle de 1981 Steve Wharton – Pédés, polémiques et politiques : de la marge au quotidien ? Stéphane Rosière – De la provocation en géographie Chantal Metzger – Les négationnistes : des provocateurs ?
" Quand on dépasse les bornes, il n'y a plus de limites " ; la fameuse formule attribuée au Sapeur Camember suffirait à justifier l'intérêt d'une approche scientifique du phénomène de la provocation. Comment mieux comprendre la cohérence d'une société qu'en s'interrogeant sur ce qu'elle refuse, sur ce " qui ne se fait pas ". Et l'on passe ainsi du geste enfantin de défi à l'autorité parentale à l'action subversive d'un groupe d'exaltés ou à la déclaration spectaculaire en duel. Toutes ces attitudes provocatrices ou provocantes – les termes ne sont pas synonymes – relèvent-elles d'une même " culture de la provocation " ?L'histoire culturelle et politique des sociétés contemporaines ne peut se réduire à la transmission scrupuleuse du patrimoine et des héritages. Depuis les romantiques, les futuristes et les surréalistes, chaque génération trouve dans la provocation un moyen de se différencier de la précédente. Le scandale permet d'occuper le terrain dans le champ des productions littéraires et culturelles, il donne aux avant-gardes les moyens d'une diffusion large et participe paradoxalement à un système de légitimation qui ne repose pas sur le consensus. En revanche, dans le domaine politique, les postures provocatrices restent suspectes de troubler le débat démocratique. Cet ouvrage rapproche des questionnements issus de disciplines différentes (histoire culturelle, histoire politique, géographie...) pour rendre compte du phénomène polymorphe et impossible à circonscrire de la provocation sans exclure a priori aucune de ses manifestations : injure, obscénité, comportements marginaux ou " asociaux " assumés, dissonances et séduction sauvage...