Cet ouvrage est issu d'un colloque organisé par l'École française d'Extrême-Orient, l'École Pratique des Hautes Études et le Palace Museum Research Center for Tibetan Buddhist Heritage qui s'est tenu à Pékin en octobre 2018. Il a réuni des spécialistes de la religion impériale des trois dernières dynasties. L'introduction et les neuf contributions explorent, d'une part, divers aspects du calendrier rituel de la cour, aussi bien en ce qui concerne les cérémonies célébrées dans la Cité interdite qu'à l'extérieur ; d'autre part, le patronage exercé par l'empereur et sa famille au bénéfice de plusieurs temples situés dans Pékin et ses environs. L'analyse du rôle religieux des souverains par le biais de leur statut divin et de leur patronage des fondations religieuses nous a conduits à revenir sur l'une des contradictions récurrentes du culte impérial tout au long de son histoire. Cette contradiction oppose la légitimité du pouvoir dérivée de l'exercice des grands cultes officiels d'État et l'inclination personnelle des souverains envers les cultes des religions bouddhique, taoïste, ou tantrique dans le cas des Manchous.
Durant vingt-trois ans, le père jésuite Jean-François Foucquet a raconté à ses proches installés en Bourgogne les menus et grands événements de sa vie de missionnaire en Chine. Débarqué dans la province côtière du Fujian, il s'installe ensuite au centre de la Chine, successivement dans deux préfectures du Jiangxi, pendant onze ans en un temps où le catholicisme bénéficie de la tolérance religieuse impériale. Il fut ensuite appelé au service de l'empereur Kangxi à la cour où il fut le témoin de la dégradation du statut des Européens admis dans l'empire. Ses 37 lettres de Chine à sa famille, publiées ici en intégralité, ont été conservées de génération en génération. Elles sont commentées et annotées par quatre spécialistes, Jean-Marie De Bourgoing, Pierre Antoine Fabre, Catherine Jami et Isabelle Landry-Deron, qui éclairent, chacun dans son domaine, le contexte de la rédaction et la vie économique, scientifique, sociale et religieuse de l'époque telle que Foucquet l'observe et la rapporte au cercle de ses connaissances en France.