L'ouvrage réunit presque tous les écrits publiés par John V. Murra entre 1958 et 1973. Il est la matérialisation des échanges fructueux entra l'auteur et la traductrice, Sophie Fisher, dans le but de réaliser une adéquation de la pensée de John Murra à la langue française, mais aussi l'aboutissement d'un travail d'ajustement des termes aux fonctions qu'ils recouvrent, en les situant dans leur contexte ethnohistorique.Complété par les contributions des chercheurs Maurice Godelier, Ana María Lorandi, Ruggiero Romano, José Matos Mar, Frank Salomon et Nathan Wachtel, qui ont su mettre en relation l'extraordinaire dimension humaine de John Murra, véritablement passionné par son travail et capable de susciter de nouvelles énergies, avec la rigueur d'un travail sans relâche, cet ouvrage est essentiel pour comprendre l'étendue de la contribution de l'anthropologue à la formation d'un mode de pensée autonome et à la formation d'une nouvelle discipline, l'ethnohistoire.
Mythe d'origine, discours scientifiques et représentations virtuelles
La favela, cet envers du décor de la "Cité merveilleuse", a beaucoup contribué à faire de Rio de Janeiro – et plus largement du Brésil – la terre de tous les contrastes. Mais il ne s'agit pas d'ajouter ici une nouvelle pierre à l'édifice déjà impressionnant des connaissances sur les favelas mais plutôt d'en expliquer les conditions sociales de production. Car la favela "s'invente" au fil d'une histoire séculaire qui, du mythe d'origine en passant par le discours scientifique, mène, contre toute attente, à une consécration culturelle et médiatique. Analysant à la fois cette forme particulière d'habitat populaire et les réseaux d'acteurs et d'institutions qui en ont façonné l'image, l'auteure livre une contribution originale à l'histoire des sciences sociales brésiliennes, de la Première République à nos jours.