L'objet de cet ouvrage collectif est de faire le point sur le développement actuel de la sociologie des organisations sportives en France (groupes formels et informels, interrelations et jeux de pouvoirs, approche micro, méso et macro-organisationnelle). Les auteurs illustrent la diversité des situations et des approches théoriques permettant de rendre compte du fonctionnement interne des formes organisées dans le champ associatif, fédéral, commercial et public. Ils actualisent et enrichissent le débat et ouvrent des pistes de réflexion sur l'avenir de cette branche de la sociologie du sport.
Pour une histoire croisée du tourisme et du sport depuis le xixe siècle
Des pionniers anglais du ski alpin dans l'Oberland bernois aux touristes avant-gardistes arpentant les routes d'Europe à bicyclette; des premiers téléphériques sur les sommets d'Engadine aux débuts des politiques de loisirs sportifs et d'aménagement du territoire à des fins touristiques; des collines québécoises aux bords de mer du Finistère: pratiqués à pied, à ski, à vélo ou en automobile, sport et tourisme se croisent et se rencontrent au fil de deux siècles d'histoire. À partir des années 1850, ces deux phénomènes sociaux, culturels et économiques connaissent un essor significatif sous l'action d'acteurs individuels et collectifs: du sportsman à l'hôtelier, ce livre relate leur histoire, sans négliger le rôle d'autres types de promoteurs qui prennent pour habitude de se réunir en association afin de fédérer leurs intérêts.Regroupant des contributions issues d'un panel international de chercheuses et de chercheurs, parmi lesquel·le·s figurent les plus grand·e·s spécialistes de l'histoire du tourisme en Suisse et en Europe, cet ouvrage vise à mettre en perspective la complexité et le caractère souvent paradoxal du couple " sport et tourisme ", à l'heure où l'urgence climatique appelle à repenser leurs modèles traditionnels de fonctionnement. Les réflexions développées au fil des pages cherchent ainsi à répondre aux questions suivantes: historiquement, qu'est-ce que le sport apporte au développement du tourisme? Quelle est la place des milieux touristiques dans les processus d'institutionnalisation et de sportivisation des exercices physiques? Comment le sport et le tourisme revendiquent-ils leur autonomie propre au sein d'un système où la réciprocité et la superposition des enjeux politiques, socio-économiques et environnementaux deviennent rapidement la norme?
Carrières et après-carrières des hockeyeurs suisses
"Du point de vue moral et professionnel, t'es dix fois plus solide que n'importe qui. Une carrière de hockeyeur, c'est un renforcement humain."Marqués par l'expérience du hockey sur glace, les joueurs sont-ils ensuite en mesure de se démarquer? Ce livre cherche à rendre comptedes après-carrières des hockeyeurs suisses dans une perspective sociologique en plongeant dans la culture de la pratique et dans ses transformations récentes.La plupart des ex-hockeyeurs semblent avoir développé une très grande confiance dans la valeur de leurs compétences et de leur singularité sur le marché. Comprendre cet héritage impose de saisir ce que l'" après " doit à l'" avant ". Les discours sur les après-carrières se focalisent souvent sur ce que les sportifs doivent abandonner lorsqu'ils se retirent, or le regard porté dans cet ouvrage est différent: il met en lumière ce que les anciens joueurs conservent de leur passé sportif.Analysant trois générations de hockeyeurs, cette enquête adopte une approche compréhensive situant l'individu dans la pluralité de ses contextes: sportif bien sûr, mais aussi familial, conjugal, amical et scolaire. La thèse défendue est qu'au-delà des propriétés sportives, les carrières et les après-carrières doivent beaucoup à leur dimension sociale et symbolique.
Autour de l'institutionnalisation de l'éducation physique en Suisse et en Europe (XIXe-XXIe siècle)
Apolitique sur la scène internationale sportive, le sport devient dans les écoles un puissant outil de formation (et de contrôle) de la jeunesse au service des projets politiques des gouvernements de tous bords.Obligatoire à l'école depuis la deuxième moitié du XIXe siècle en Europe, l'éducation physique (la " gymnastique "!) scolaire verra ses contenus définis par les États, mais surtout par les enseignants responsables de la branche. " Universitaires " depuis le début du XXe siècle à travers le continent, les formations des futurs maître·se·s d'éducation physique ont beaucoup évolué depuis la fin du XIXe siècle. Ces transformations sont les conséquences de dynamiques internes au champ académique, des dynamiques socio-politico-économiques que traverse l'Occident, mais aussi des transformations de l'espace du sport de haut niveau, où le besoin en savoirs scientifiques explose en marge d'une instrumentalisation politique persistante.Un tournant majeur est la période qui s'étend entre les années 1990 et 2000, entre la mise en oeuvre de nouvelles institutions para-universitaires de formation pédagogiques, l'introduction des réformes dites " de Bologne " et l'amorce d'un développement du champ sportif, appelant de nouvelles compétences de la part de ses acteurs. Entre ces deux dates, les principales universités occidentales vont introduire des nouvelles formations en " sciences du sport ", avec pour un abandon progressif d'une spécialisation exclusive en " éducation physique " au profit d'enseignements et de recherches dans les différentes sciences de base, définissant des orientations nouvelles de formation en activités physiques adaptées, en entraînement, ou en management du sport.Dans le cadre de ce projet collectif, notre ambition est de donner à lire la complexité des processus aboutissant aux formations contemporaines en sciences du sport. S'il ne s'agit pas de créer des liens arbitraires entre les pionniers de la gymnastique du début du XIXe siècle et les formations en management du sport qui font aujourd'hui le succès des instituts à travers l'Europe, force est de constater que l'éducation physique est un objet particulièrement stimulant qui appelle à de nouveaux travaux aux confins de dynamiques transnationales et de processus d'affirmation nationale.
Qui n'a pas de souvenirs de cours de gymnastique ou de natation suivis à l'école? Discipline scolaire, appréciée par certains élèves, crainte par d'autres, l'éducation physique a un statut à part dans les programmes et une histoire toute aussi particulière.Dans un pays où l'instruction est un domaine de compétence cantonal, l'éducation physique est la seule branche scolaire dépendant directement de la Confédération depuis 1874. Cette mainmise fédérale, qui concerna longtemps les seuls garçons, a eu pour effet de laisser dans l'ombre l'histoire des pratiques des écolières ou encore les débuts antérieurs et souvent sans lien avec la préparation militaire de cet enseignement dans certains cantons ou communes.Tiré d'une thèse de doctorat, ce livre explore la construction, l'intégration scolaire, la démocratisation et les objectifs de l'éducation physique, les enjeux de genre et de matérialité spécifiques à cet enseignement, ainsi que les débuts de la professionnalisation des enseignant-e-s spécialisés dansquatre cantons (FR, GE, NE, VD) et plusieurs localités de Suisse romande. Il retrace l'histoire de l'éducation physique, du début du XIXe siècle, alors que cette pratique est réservée à la jeunesse masculine aisée des villes fréquentant collèges ou académies, au début du xxe siècle, période oùon essaie d'étendre les cours de gymnastique et leurs bienfaits à toute la population scolaire, indépendamment de la classe sociale ou du sexe.
Face aux évolutions qui touchent aujourd'hui le champ des activités physiques et sportives, les notions de responsabilité sociale, de solidarité et d'affinité doivent être repensées au filtre de nouvelles problématiques: insertion par le sport, gouvernances, sport-santé, conquête de nouveaux publics… C'est dans ce cadre fluctuant que les auteurs interrogent les permanences et mutations du mouvement sportif associatif, à travers l'exemple de la Fédération Sportive et Culturelle de France, afin de comprendre comment une fédération affinitaire parvient à relever le défi de la participation à l'action publique tout en préservant son projet global d'épanouissement et de formation des personnes. Quelle place peut occuper une fédération affinitaire dans ce nouvel univers sportif et quel rôle peut-elle y jouer? Telles sont les questions auxquelles cet ouvrage apporte un éclairage en analysant les stratégies des acteurs associatifs qui tentent, par leur engagement, de "faire société".
Participation et contribution de la Suisse à l'internationalisation du sport (1912-1972)
Gianni Infantino, président de la FIFA, ou son prédécesseur, Joseph Blatter, sont des figures incontournables du sport international. Comme d'autres avant eux, ils incarnent l'action importante des dirigeants sportifs suisses dans l'internationalisation des sports.Cet ouvrage propose d'analyser la genèse et les développements de ce processus en mettant l'accent sur les actions, individuelles et collectives, de plusieurs dirigeants qui occupent de hautes fonctions dans les fédérations sportives internationales entre la première décennie du siècle dernier et les années 1970. Cette période est en effet charnière car elle correspond à l'affirmation d'un internationalisme sportif: marqués par de nombreuses tensions politiques et confrontés à la médiatisation et à la démocratisation croissante des sports, les dirigeants sportifs internationaux cherchent à créer une communauté originale, dont les échanges transcendent parfois le contexte géopolitique.Beaucoup de ces figures sont de nationalité suisse. Plus largement, le pays se profile comme une terre d'accueil particulièrement favorable à l'organisation de nombreuses compétitions internationales et à l'établissement des organisations sportives internationales, ainsi qu'un espace dans lequel se forgent de nombreuses pratiques sportives. Il s'agit dès lors, en convoquant des sources diverses et inexploitées, de s'interroger sur cette situation originale, car elle est avant tout promue par des acteurs privés dont les objectifs recoupent plus ou moins les actions diplomatiques étatiques de la Confédération helvétique, mais sans toutefois que l'État ne développe une politique en la matière.
Le sport en tant que pratique sociale constituerait à lui seul un vecteur de diffusion d'une responsabilité sociale, possédant en soi des vertus éducatives et humanistes. Il s'agit de changer de paradigme, par l'analyse et la construction d'un agir socialement responsable des acteurs du sport et de l'éducation et ainsi lui substituer alors une autre forme de responsabilité, celle de ses usages sociaux et ainsi déconstruire les lieux communs et les présupposés. L'objectif est également de dépasser les apparences trompeuses. En effet, les différents acteurs impliqués dans le sport véhiculent et instrumentalisent un discours formaté et circonstanciel à propos de valeurs qui répondraient aux problèmes sociétaux actuels tels que la santé publique, le bien-être mais également la sécurité des populations ou l'intégration des minorités. Ce discours idéalisé se retrouve également dans les médias qui publicisent ce " prêt-à-penser ".
La gestion du risque dans le sport est une question débattue, voire controversée. L'histoire récente met en évidence les enjeux auxquels sont confrontés les acteurs, pratiquants, dirigeants, organisateurs, juristes ou assureurs, tous ajustant au mieux leur position selon une jurisprudence qui ne cesse de faire évoluer la notion de responsabilité.Là où les éducateurs peuvent reconnaître dans la confrontation au risque une dynamique de formation, les assureurs et les juristes interpellent les dirigeants, les organisateurs et les sportifs sur les conséquences de leur conduite. Depuis les arrêtés Herzog de 1962 qui instaurent l'assurance sportive obligatoire, la question semble être demeurée circonscrite aux fédérations. Elle est loin d'être stabilisée dans le cas de pratiques libres ou de sports qui recherchent délibérément le risque.Les spécialistes de ces questions proposent ici une approche dialectique et interpellent du coup ces acteurs du sport qui redéfiniront, dans leur champ respectif, leur rapport à la responsabilité.
Le regard porté sur l'évolution du spectacle sportif télévisé ne doit pas céder aux préjugés majoritairement admis qui jettent un discrédit permanent sur la nature des relations qui lient le sport, les médias et le monde économique. Cet ouvrage tente d'orienter l'analyse au travers d'une rencontre structurée par des logiques d'innovation et de promotion. Dans ce cas, le Tour de France qui a fêté son centenaire est exemplaire puisqu'il fut créé par des journalistes (Desgrange et Goddet), pour promouvoir un journal (L'Auto) avec l'appui de l'industrie du cycle. L'histoire du Tour de France est alors étroitement liée à celle des médias. Le Tour de France impose des contraintes, fait naître des besoins, qui génèrent des changements dans la production médiatique, pour répondre à l'intérêt du public et à différentes formes d'enjeux économiques.