La naissance tumultueuse de la Ve République a fait l'objet de nombreux travaux historiques qui insistent fondamentalement sur la crise du 13 mai 1958 et ses conséquences ainsi que sur l'élaboration de la Constitution et le référendum de confirmation. Mais dans la mise en place des nouvelles institutions, il est une séquence importante peu étudiée : les premières élections législatives de novembre 1958.
Ces élections peuvent-elles être qualifiées de " rupture " ? En quoi participent-elles à la recomposition du système partisan français tant des points de vue du régime électoral, du renouvellement du personnel que des forces politiques ? Ces élections confirment-elles ou infirment-elles l'idée si souvent véhiculée et admise de la rupture opérée par l'avènement de la Ve République ? L'originalité de ce travail tient à sa nature et à sa problématique. Il s'agit d'une approche historique avec les outils et la méthodologie utilisés par les historiens alors que jusqu'ici, le terrain était très largement occupé par la science politique et la sociologie électorale.
Ce livre, à travers ces différentes approches, permet de comprendre l'influence de ces élections législatives sur le remodelage du paysage politique français.
Ce livre est le premier sur les rapports entre gauche non communiste et la modernisation des campagnes. Cette période est caractérisée par de profondes transformations du monde agricole et par la diminution de la population française dans les campagnes. La gauche non communiste - SFIO, Parti Radical-socialiste, PSA, PSU, Divers gauche et FGDS - qui tient des présidences de Conseils généraux et participe à des gouvernements sous la IVe République est embarrassée par la modernisation des campagnes qui a des effets sur son électorat. Le contraste entre l'idéologie de la gauche non communiste et la réalité du monde rural provoque une série de " rendez-vous manqués " qui permettent au gaullisme d'incarner la modernité tandis que la gauche non communiste tient le rôle de garante de la tradition.
La richesse de l'ouvrage tient à son analyse multiscalaire et à la variété des sources exploitées qui recréent un panorama précis et complexe des relations entre monde rural et partis de gauche. L'auteur ne s'en tient pas là et invite le lecteur à une véritable réflexion sur l'évolution de la société des Trente Glorieuses.