Cet ouvrage constitue la première histoire d'ensemble de l'enseignement secondaire au XIXe siècle. Il s'agit d'un magnifique outil de travail qui s'est attaché à retrouver la réalité des établissements en exploitant les rapports envoyés au ministère et les statistiques exceptionnellement riches du XIXe siècle. Ils permettent d'apprécier les effectifs d'élèves dans leur diversité de classe et de statut comme le fonctionnement pédagogique des " maisons ". L'histoire retracée s'articule autour de deux évolutions solidaires, l'une institutionnelle, l'autre pédagogique. Elle éclaire d'un jour nouveau bien des aspects actuels de notre enseignement. En analysant le passé, l'ouvrage explique le présent. C'est pourquoi il ne s'intéresse pas seulement aux historiens mais aussi aux actuels responsables et réformateurs de notre système éducatif.
Cet ouvrage s'inscrit dans la continuité des nombreux débats qui ont eu lieu en France depuis 2010 sur l'identité nationale, dans lesquels l'école a été très sollicitée. Loin des idéologies, ce livre, à vocation scientifique, éclaire le débat français par une mise en perspective internationale et pluridisciplinaire. L'analyse du curriculum, des outils didactiques et des pratiques réelles d'enseignement ainsi que la lecture critique des programmes et des manuels scolaires sont autant de clés essentielles à la compréhension de cette problématique. essentielles à la compréhension de cette problématique.
Qu'est-ce que l'étude de l'école – des programmes, des manuels scolaires, des divers publics scolaires – nous dit des colonies et de la colonisation française ? Que nous apprend-elle sur l'éducation des " indigènes " ? Comment les manuels scolaires présentent-ils les colonies et les colonisés ? Miroir de la société, l'école en situation coloniale nous renseigne sur les mécanismes d'imitation, d'acculturation ou encore de distinction des différentes populations.
Une autre perspective développée dans cet ouvrage est celle de l'enseignement actuel de la période coloniale et des espaces de la colonisation. Comment cette histoire est-elle construite dans le champ scolaire ? Avec quels types de discours ? Qu'est-ce qui est dit et qu'est-ce qui est tu ?
À la rencontre de ces deux approches, l'étude de l'école en situation coloniale apparaît comme un moyen efficace de mieux comprendre aujourd'hui ce que fut la colonisation
Les politiques d'éducation prioritaire, ou les politiques publiques équivalentes centrées sur les problèmes d'inégalités scolaires, se sont beaucoup transformées depuis leurs premières formulations et mises en œuvre dans les années soixante. Dans plusieurs pays, on observe le passage d'un modèle de la compensation, à celui de la lutte contre l'exclusion, jusqu'à l'émergence d'un modèle qui fait des thèmes de l'adaptation à la diversité, de la promotion de l'excellence et de la gestion des risques, son credo principal. Cette évolution témoigne des rapports équivoques que ces politiques entretiennent avec les visées sélectives des systèmes d'enseignement. Elle relève moins de choix publiquement débattus qu'elle n'est induite par les modes de définition et de construction sociale des problèmes auxquels ces politiques se proposent de répondre et des catégories de population qu'elles ciblent, ainsi que par la manière dont les sciences sociales pensent la réussite ou l'inégalité scolaire. Pourtant, cette évolution pose de nombreuses questions liées à la dynamique d'effacement de la problématique des inégalités, à la fragmentation des systèmes et des parcours éducatifs, et aux enjeux de savoir et d'émancipation intellectuelle.
Ce second ouvrage consacré aux résultats de l'étude comparative EuroPEP vise à mieux comprendre ce qu'il advient de ces politiques dans huit pays européens. Il déploie l'analyse de thématiques transversales qui apparaissent comme autant d'éléments clefs de la constitution et de l'évolution des politiques observées : la construction des formes de ciblage et de désignation de leurs publics bénéficiaires ; leurs modalités d'action pédagogique et de transformations curriculaires ; la production, les usages et les mésusages de leurs évaluations. Il s'attache à contribuer au renouvellement de la réflexion sur les perspectives de justice et d'égalité en matière de scolarité.
Analyser les représentations du monde arabo-musulman dans les manuels scolaires français et mettre en évidence les éventuels stéréotypes ou les " non-dits ", tels étaient les objectifs des deux études ici présentées, l'une traitant des manuels d'histoire-géographie et d'éducation civique, l'autre, des manuels de français. Ces études s'inscrivent dans le cadre du Dialogue euro-arabe de l'UNESCO. Les manuels analysés sont ceux édités par les huit principaux éditeurs français, pour les quatre années de collège. Les programmes de référence sont ceux de 1997, en vigueur jusqu'en 2010.
À partir d'un corpus diversifié de documents écrits et iconographiques, les manuels opèrent des choix pédagogiques : les relations de l'Orient arabe avec l'Europe sont privilégiées, le Maghreb est la région la mieux étudiée, les oeuvres littéraires écrites directement en langue française par des auteurs arabes sont le plus fréquemment citées. Si certaines images semblent choisies pour leur puissance évocatrice, la confrontation des points de vue est la règle, notamment pour aborder des périodes sensibles comme les croisades ou la colonisation. Par ailleurs, les échanges et les apports réciproques d'une rive à l'autre de la Méditerranée et l'esthétique des cultures orientales (miniatures, architectures, contes, etc.) sont valorisés.
L'avant-propos de Jacqueline Costa-Lascoux, directrice de recherche honoraire au CNRS, et le préambule sur les manuels scolaires d'Alain Choppin, maître de conférences au service d'histoire de l'éducation de l'Institut national de recherche pédagogique, mettent en perspective les deux études menées par Mélanie Serrat, professeur d'histoire-géographie, et Bénédicte Hugedé, professeur de lettres. Une préface signée par le président de la Commission nationale française pour l'UNESCO, M. Jean Audouze, et par le directeur général de l'École normale supérieure de Lyon, M. Olivier Faron, précise le cadre institutionnel dans lequel les recherches ont été menées.