La juridiction royale d'une ville de cour pendant le règne de Philippe IV (1621-1665)
C'est à partir de la lecture des sources judiciaires et administratives des principaux tribunaux du roi (le Conseil de Castille, la Junte Royale du Bureau, les six alcades de Cour, le corregidor de Madrid) et des livres de pratique judiciaires du XVIIe siècle que l'auteur tente de reconstituer l'exercice de la justice de Philippe IV (1621-1665) dans sa capitale Madrid. Les tribunaux laïcs qui constituaient alors la juridiction du roi rencontraient de nombreuses résistances pour exercer la justice pénale et maintenir l'ordre public dans la ville de cour lorsqu'ils ne s'opposaient pas entre eux. Les conflits de juridictions étaient donc fréquents et les magistrats du roi devaient affronter les privilèges judiciaires des militaires, du clergé et de la noblesse de cour. Cet apparent désordre était en fait régulé par le Conseil de Castille et sa politique régaliste, les différentes juntes de compétences et l'arbitrage du monarque Philippe IV, malgré l'augmentation continue des procès et des voies de recours. Dans cet ouvrage, l'auteur apporte une nouvelle compréhension des pratiques et d'une législation judiciaires complexes, et propose une analyse de la décision judiciaire à la lumière de la doctrine pénale de l'époque, pour aboutir à une réflexion plus globale sur le rôle social du système judiciaire espagnol et ses représentations à l'époque moderne.
Analyser les différentes formes de transferts culturelsexistants entre la France et l'Espagne au temps de Philippe Vpermet d'offrir une cohérence à des champs d'études tropsouvent considérés séparément. Le contexte politique sert icide cadre à ces échanges sans pour autant que l'histoire deces derniers ne se confonde avec celles des États concernés.Cette histoire des liens et des transferts culturels offre ici uneautre réalité que celle de l'Europe bouleversée par la guerrede Succession d'Espagne.Crépuscule du Siècle d'Or ou prélude du siècle des Lumières,l'installation de la maison de Bourbon en Espagne correspondà un temps propice aux échanges, qu'ils soient matériels ouimmatériels. Femmes, hommes, idées et objets ont circuléentre la France et l'Espagne à l'heure où de nouveaux rapportspolitiques et diplomatiques modifiaient leur place en Europe.À l'heure où la Catalogne cherche à être indépendantede Madrid, ce livre remonte aux racines des conflits entreCastillans et Catalans. Ces études sont menées par les plusgrands spécialistes espagnols de la période.
Bordeaux a toujours joué un rôle important dans les relations entre la France et l'Espagne. Il allait en être de même lors de la guerre civile espagnole, d'autant qu'une communauté espagnole nombreuse et politisée était intégrée à la population de la ville.Le présent ouvrage s'est attaché à étudier les moments où la ville s'est trouvée confrontée de très près à cette guerre: bataille d'Irun sur la frontière, menées des services secrets espagnols, recrutement des volontaires des Brigades internationales, vifs débats dans la presse, arrivée dans le port de l'aide soviétique, accueil des vagues successives de réfugiés.Le conflit eut aussi des conséquences très directes dans les années qui suivirent avec les difficultés d'intégration des Espagnols, la politique discriminatoire à leur égard de l'occupant et de Vichy, leur participation à la Résistance et à la Libération.Les sources utilisées sont celles de la presse bordelaise, de grande diffusion ou plus restreinte dans le cas des partis politiques, et surtout un travail systématique en archives à Bordeaux et dans la région mais aussi en Espagne.
Utiliser les réseaux comme outil d'analyse en histoire est aujourd'hui devenuincontournable. Les sociétés humaines, conçues en tant qu'espaces relationnels decoopération ou de confrontation, concernent en effet toutes les périodes historiques.En outre, les outils actuellement disponibles afin de représenter graphiquement lesréseaux sociaux permettent d'apporter un regard plus aiguisé sur la densité des liens,voire leur nature, ainsi que le degré d'intégration des individus dans ces réseaux.Parallèlement, les recherches sur le genre ont également connu un formidable essor, maiselles ne croisent que de manière extrêmement marginale la thématique des réseaux.La spécificité de cet ouvrage collectif, dû à l'initiative d'une équipe d'historiennesdes universités de Bordeaux Montaigne et de Rennes 2, est de proposer une approcheau carrefour de l'histoire des réseaux et des gender studies.Sur un temps long – du XVIe siècle à nos jours –, cet ouvrage s'intéresse à la place et aurôle des femmes dans les réseaux, qu'il s'agisse de la formation de réseaux exclusivementféminins ou de la participation des femmes à des réseaux mixtes. L'approche envisagéeest résolument transdisciplinaire, afin d'enrichir la réflexion historique des apports etde la comparaison avec d'autres disciplines telles que la sociologie, discipline pionnièredans l'analyse des réseaux, l'anthropologie, la géographie ou bien encore le droit.
Les enjeux de la frontière franco-espagnole (XVIe - début XIXe siècles)
Le Quadricentenaire des mariages royaux célébrés à Bordeaux à l'automne 1615 unissant le roi Louis XIII et l'infante Anne d'Autriche d'un côté et la princesse Élisabeth de France et le futur roi d'Espagne Philippe IV a été l'occasion de porter nos regards sur la frontière pyrénéenne à l'époque moderne. Ce double mariage a donné lieu à un échange inédit de princesses sur la Bidassoa qui fut un beau moment de paix vécu sur la frontière. Une frontière qui reste encore cependant une notion assez floue, faisant alterner les rencontres festives et politiques comme en 1565 avec la rencontre des cours de France et d'Espagne, et les moments de tensions et de conflits. Guerre et paix, fermeture ou passage, barrière étanche ou lieu d'échanges? Quelle définition, quelle représentation les contemporains en donnaient-ils?Une vingtaine de communications dues à des historiens, historiens de l'art, musicologues et autres spécialistes français et espagnols, apportent un éclairage nouveau et tout à fait intéressant sur ces questions réparties autour de trois grands thèmes. Ils nous mènent successivement à la recherche de définitions et de représentations de la frontière, de son rôle dans les rencontres royales et les échanges commerciaux licites ou non, avant de prendre la mesure des influences artistiques réciproques de part et d'autre de la frontière.C'est dire la richesse de cet ouvrage issu d'un colloque qui s'impose comme un très bel exemple d'échanges transfrontaliers, autour d'une frontière qui est aujourd'hui fort heureusement lieu de paix.
Comment se forme le savoir cartographique sur un territoire national et de quels usages sociaux et politiques ce travail scientifique devient-il l'enjeu? C'est à cette double question centrale que cet ouvrage s'attache à répondre. L'auteur prend pour terrain de recherche la Tunisie du XIXe siècle : elle y suit d'abord l'activité pionnière de voyageurs cartographes pour donner à voir comment s'opère le passage de l'itinéraire à la carte. Elle étudie aussi le processus d'adoption de la carte par les autorités civiles et militaires, pour la formation des officiers à l'École polytechnique du Bardo, pour la représentation des villes ou lors de négociations qui visent à fixer la frontière avec l'Algérie voisine, devenue colonie française. Fruit d'un savoir scientifique, la carte est également porteuse de nouveaux modes de gestion politique du territoire.Cette analyse historique, fondée sur une documentation de première main, s'est enrichie des ressources de la géographie, de la science politique et de la sémiologie. Son originalité tient aussi à la capacité qu'a l'auteur de restituer les conditions matérielles et les effets institutionnels de l'activité des cartographes, rendue tangible et vivante. Le lecteur est ainsi invité à mettre ses pas dans ceux de ces arpenteurs de l'espace tunisien, qui ont su engager des rapports de réciprocité sous forme d'échanges interculturels de savoirs et de savoir-faire.
TOME I - De l'édification à la période africaine. TOME II - Maurel et H. Prom en Afrique
La maison Maurel et Prom a été un acteur majeur de la filière de l'arachide.Il en résulte un gros livre qui permet au lecteur de vivre avec force les relations économiques entre Bordeaux et le Sénégal, tout au long du XIXe siècle et jusqu'à la Première guerre mondiale à travers l'évocation très documentée de l'essor et des difficultés d'une entreprise familiale.Le lecteur est en présence d'une saga riche d'innombrables détails sur les hommes, les produits, les comptes, les flux, les aléas de la gestion et du fonctionnement des comptoirs. On y voit aussi le poids des relations politiques, les ravages des épidémies, les détails de la flotte et des constructions, la dureté de la concurrence à la fois sur la place bordelaise et en AfriqueSe plonger dans cette lecture, c'est s'immerger dans ce monde aujourd'hui disparu de la traite et des comptoirs; c'est découvrir une société qui a fortement les relations entre Bordeaux et l'Afrique.
La trajectoire intellectuelle de Yasuoka Masahiro (1898-1983)
Ce livre est le premier dans le monde à expliquer la formation du conservatisme politique au Japon, à travers la trajectoire intellectuelle de le principal de ses penseurs, Yasuoka Masahiro (1898-1983).L'auteur apporte des informations essentielles pour comprendre les milieux politiques japonais au pouvoir depuis 1955, ainsi que l'idéologie des milieux d'affaires, qui a fait la réputation de ce pays.L'ouvrage est également le premier à brosser l'histoire du confucianisme japonais à l'époque contemporaine, en posant des ponts inattendus avec la Chine.
Ce livre réunit les réflexions inédites de spécialistes sur l'histoire de l'émigration vers le Nouveau Monde ou des migrations sur son territoire même. Issues de champs disciplinaires variés (géographie, histoire, anthropologie, littérature, sociologie, etc.), elles privilégient les effets de ces mouvements de population sur la genèse et l'évolution des États-nations, ainsi que les phénomènes d'interculturalité.Dans une première partie, sont envisagées plusieurs formes collectives de migrations d'Européens vers le nouveau continent au XIXe siècle, ou examinés quelques parcours individuels.La deuxième partie montre à l'évidence que, au XIXe siècle, époque des constructions nationales, ces migrations répondaient à des enjeux de pouvoir, nationaux ou internationaux, tout en contribuant à forger les imaginaires nationaux en gestation. En même temps, les fondements de ces politiques étaient souvent d'ordre économique.La troisième et dernière partie est consacrée à l'échange, dynamique et interactif, et au regard porté des deux côtés de l'Atlantique sur l'habitant d'en face, qui ont fait se construire et évoluer des imaginaires nationaux. Ainsi, c'est sur le migrant américain vu par l'Européen, dans les manuels scolaires français par exemple, que se construit l'image de l' " Américain moyen ".
Défenseur du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, de la laïcité, de la liberté universelle et de la fraternité, Garibaldi a été l'héritier de l'esprit des Lumières et des valeurs fondamentales de l'humanisme républicain.Ce personnage a eu ses admirateurs et ses détracteurs en Europe et tout particulièrement en France où il a occupé et occupe encore une place exceptionnelle dans la mythologie française. Après sa mort, ses idéaux, ses espoirs, ses combats furent repris par les volontaires garibaldiens, les Chemises Rouges, qui devenaient dès la fin du XIXe siècle l'avant-garde d'une Europe solidaire, républicaine, juste et démocratique.Chaque auteur analyse l'empreinte et l'héritage garibaldien. Jérôme Grévy traite du mythe garibaldien en France avant 1914 et son inscription dans les monuments républicains. Hubert Heyriès décrit l'engagement des garibaldiens sur les fronts de l'Argonne et de la Marne et leurs clivages dans la France de l'entre-deux-guerres. Carmela Maltone retrace la constitution d'une légion garibaldienne, en 1936, intégrée dans les Brigades Internationales.Ce livre démontre la force mobilisatrice du mythe garibaldien dans l'histoire contemporaine.
La colonie agricole du Médoc pour les enfants trouvés, 1844-1869.
La société française du XIXe siècle, éprise de progrès technique, ne sait comment traiter le douloureux problème des enfants sans famille, orphelins ou abandonnés à la naissance. Quelques belles âmes bordelaises, comme l'abbé Pierre Buchou, proposent des solutions. En 1844, paraît dans le paysage de la charité girondine un personnage singulier, qui ne craint ni de se retrousser les manches, ni de se salir les mains en retournant la terre: le frère Félix Lemasson, de la Société des Frères agriculteurs de Saint François d'Assise.Avec lui débute l'aventure de la colonie agricole d'enfants trouvés du Médoc. Ce petit livre en raconte l'existence éphémère: chance pour la plupart des garçons qui l'ont fréquentée de se faire une place honorable dans la société? La colonie s'est fixée à Saint-Sauveur de Médoc en 1852.On comprend, en évoquant ici et là la vie de quelques garçons, que le petit établissement agricole du frère Félix résonne, en Médoc, de la vigueur de débats "politiques" qui agitent la société française de la Restauration et du Second Empire. On lira comment, pendant une vingtaine d'années, l'existence même de la colonie pose aux notables petits et grands de la presqu'île la question des réticences devant le progrès agricole, de l'utilité de l'instruction pour les paysans, et de la "prévention des conduites à risque" (comme on dirait aujourd'hui) chez les jeunes gens. Autant d'interrogations dont certaines ont encore un écho très... contemporain.
Ce livre, publié à l'occasion de l'exposition " Civilisations oubliées de l'Anatolie antique " présentée au Musée d'Aquitaine de Bordeaux, offre sous une forme claire et concise un tableau des principales civilisations de l'Anatolie depuis l'époque néolithique jusqu'à l'Empire romain. L'accent est mis sur les peuples indigènes qui sont mal connus du public faute de bibliographie en langue française. Hittites, Phrygiens et Lyciens ont pourtant laissé une histoire et des vestiges archéologiques exceptionnels ici mis en valeur par une riche iconographie commentée par des spécialistes.