Quelles interactions au service du développement territorial ?
Dans un contexte de profondes recompositions territoriales, les interactions spatiales et fonctionnelles entre cœurs métropolitains, villes intermédiaires et espaces ruraux sont devenues une préoccupation majeure des politiques et stratégies publiques tant dans les pays en développement que dans les pays anciennement industrialisés. Cette trilogie territoriale invite plus globalement à repenser l'interterritorialité " ville/campagne " avec ses enjeux de connexion, d'animation et de gouvernance. Cette problématique ouvre tout un champ de réflexions pour les chercheurs et pour les acteurs de terrain, afin de couvrir les besoins de connaissances, de transferts de compétences et d'aide à la décision publique.Sous les regards croisés de géographes, d'économistes, de spécialistes de l'aménagement, cet ouvrage questionne la diversité des relations interterritoriales et le rôle des métropoles vis-à-vis des territoires environnants. Quelles interactions entre métropoles et territoires ruraux? Les villes intermédiaires: quelle place dans les gouvernances territoriales? Un dialogue rural-urbain renouvelé? Quels moyens et projets pour tirer le meilleur parti du fait métropolitain?
Alors que les appels médiatiques, politiques et sociaux en faveur d'une transition écologique se font de plus en plus nombreux à l'échelle mondiale, quelle analyse et quel regard peut-on porter sur la " transition agroécologique " menée en France ? Le " plan agroécologique pour la France " et les nouvelles politiques agricoles initiées depuis 2012 seraient-ils parvenus, huit ans après, à réconcilier enfin agriculture et environnement ?
Cet ouvrage propose un tour d'horizon des acceptions encore plurielles de l'agroécologie et des évolutions en cours au sein des politiques publiques à l'échelle locale, nationale mais aussi européenne. Il renseigne également sur les logiques sociales d'appropriation ou de rejet du mot " agroécologie ", qui demeure encore perçu par certains agriculteurs comme une violence symbolique, un énième élément de langage technocratique ou politique qui contredit les modèles de développement agricole jusqu'alors promus et valorisés. Face à certaines inerties, des changements de pratiques s'opèrent pourtant " silencieusement " et des innovations agroécologiques, à l'échelle l'individuelle ou collective, contribuent à infléchir métiers, identités et savoir-faire. Au-delà des enjeux strictement agricoles, les transitions amorcées ouvrent-elles une opportunité inédite de repenser socialement et politiquement les logiques de production et d'exploitation des écosystèmes à l'aune des questions de santé publique et de justice sociale ?
Avec un million d'habitants à moins de 20 km du volcan actif Misti, Arequipa (Pérou) est l'une des villes les plus vulnérables au monde, les inondations et les coulées de boue y entraînant des victimes et des dommages sévères tous les deux à cinq ans en moyenne. Quelle méthodologie utiliser afin d'évaluer l'aléa et le risque des écoulements volcaniques et hydrologiques en milieu urbanisé? Cette question majeure a réuni une cinquantaine d'experts nationaux et internationaux, des étudiants et doctorants, des autorités et ingénieurs civils ainsi que des professionnels de la gestion du risque.Durant une semaine, exposés et débats ont alterné avec les observations de terrain et la modélisation des processus d'écoulements pyroclastiques, des lahars et crues éclair. Les résultats des simulations des écoulements le long des vallées qui traversent Arequipa, et leur intégration dans un Système d'Information Géographique, ont amélioré les cartes de vulnérabilité montrant pourquoi les infrastructures, l'habitat et les réseaux d'eau sont des enjeux essentiels en cas de crise. Scientifiques et agents de la Protection civile ont soulevé le problème de la calibration des paramètres d'entrée, de la prise en compte de l'incertitude des résultats et ont réfléchi à la meilleure manière de diffuser l'information auprès des communautés exposées.Cet atelier a ainsi contribué à discuter les méthodes et à définir les tâches prioritaires dans l'évaluation pluridisciplinaire et opérationnelle des aléas et de la gestion des désastres en milieu urbanisé.
Le terme " espaces fragiles " s'est répandu dans la recherche en géographie dans le courant de la décennie 1980, pour contourner l'aspect négatif et stigmatisant des qualificatifs " périphériques ", " en crise ", " en difficulté " ou " défavorisés ". Cet ouvrage met à l'épreuve la catégorie de pensée et d'action " espace fragile ", tout en cherchant à caractériser les trajectoires de ces espaces.
Les auteurs interrogent ainsi la fabrique des espaces fragiles: comment sont définies les différentes catégories d'espaces " fragiles " dans les politiques publiques et dans la littérature scientifique? Dans quels contextes épistémologiques et sociétaux ces catégories ont-elles émergé et évolué? Quels indicateurs utiliser pour cerner la fragilité? Comment les critères de définition sont-ils construits, et que révèlent-ils du regard que porte la société sur ces espaces?
En analysant les caractéristiques et les dynamiques territoriales de différents types d'espaces (petites communes, petites villes, arrière-pays, zones frontalières, etc.), les contributeurs de cet ouvrage documentent aussi la tension entre, d'une part, le constat de la puissance des héritages, souvent handicapante et explicative de la fragilité et, d'autre part, celui de la diversité des trajectoires d'espaces fragilisés, observés à grande échelle. Se révèlent ainsi la réversibilité des dynamiques, et les effets parfois ambigus de l'action publique à leur égard.