Le Kirghizstan est une sorte d'anti-Chine qui, après l'effondrement de l'URSS, a choisi la libéralisation économique et politique. Quelques années plus tard, ce pays ne produit plus rien et développe une dépendance très forte à l'égard de l'extérieur, et de l'aide internationale en particulier. La principale ressource, l'élevage du mouton, a été totalement décimée par les réformes proposées par les grandes institutions internationales. Laminés par la privatisation et abandonnés par Moscou, les Kirghizes font aujourd'hui de " l'ouverture " une stratégie très subtile pour capter et se réapproprier toutes formes de ressources pouvant venir de l'extérieur.
À travers une enquête de terrain minutieuse, Boris Petric décrit, non sans humour, les multiples rencontres parfois cocasses et souvent teintées d'incompréhension entre la population locale et toutes les bonnes volontés étrangères venues les réformer. ONG, fondations philantropiques, agences internationales et de nombreux missionnaires en tout genre tentent de peser sur la réorganisation de cette société. Cet ouvrage nous interpelle face à la multiplication de ce type de " société de trafics " dans le contexte de la globalisation.
Trois ethnologues partent à la rencontre de Parisiens un peu particuliers, les résidents secondaires étrangers, pour nous donner à voir une mutation irrémédiable de la capitale française. Elles nous font rencontrer ces habitants venus d'Italie, des États-Unis, du Brésil, de Suisse, et de bien d'autres parties du monde, qui possèdent un " pied-à-terre " parisien. Elles dressent leurs portraits, nous font visiter leurs appartements, nous décrivent leur vie quotidienne, les lieux qu'ils fréquentent et leur rapport à la capitale française. Elles nous rapportent en regard la perception de Parisiens face à ce phénomène : récits et anecdotes d'habitants, de commerçants, d'agents immobiliers ou de responsables municipaux…
Ces deux visions reflètent alors une forme de citadinité inédite dans le contexte de la globalisation. Comme Rio, Londres, New York ou Tokyo, Paris est aujourd'hui tiraillée entre la promotion de son attractivité mondiale et la préservation du mode de vie de ses résidents permanents.