Le 30 mai 1934, Filippo Tommaso Marinetti, le fondateur du mouvement futuriste, inaugure une exposition d'œuvres d'art au célèbre hôtel Negresco de Nice.Plus de vingt ans s'étaient écoulés depuis la mémorable première grande exposition de peinture futuriste qui avait eu lieu à la galerie Bernheim-Jeune, à Paris, en février 1912. Le milieu artistique parisien s'en était ému: dans Le Petit Bleu, le 9 février 1912, avait paru un article de Guillaume Apollinaire affirmant qu'il s'agissait de la peinture " la plus dangereuse que l'on puisse imaginer ", avant de conclure: "Cependant, l'exposition des peintres futuristes apprendra à nos jeunes peintres à avoir encore plus d'audace qu'ils n'en ont eu jusqu'ici".Une vingtaine d'années plus tard, le futurisme s'est imposé sur la scène artistique européenne, mais l'exposition organisée à l'hôtel Negresco ne suscite plus aucune controverse : la presse consacre à l'événement peu d'articles, bien que la soirée d'ouverture, et notamment le banquet et le concert du Maestro Giuntini, ne manquent pas d'éveiller la curiosité d'un public d'habitués, aristocrates et roturiers, dans l'un des palaces les plus élégants de la Côte d'Azur.Les auteurs du volume Futurismo a Nizza: la mostra ritrovata (1934) proposent une redécouverte de cette exposition et reviennent sur les circonstances – artistiques, politiques et culinaires – de son inauguration.
Comment est pensée ou repensée l'expérimentation à deux, en couple? Y-aurait-il à cet égard une spécificité liée au monde des avant-gardes ou des néo-avant-gardes? Qu'est-ce "deux"? Deux est égal à un plus un, l'unisson d'un multiple: la vie artistique n'est sûrement pas la même avant le couple, pendant la vie commune du couple et après, s'il y a séparation. Si deux est un tout, c'est sans doute aussi et surtout sur "l'entre deux" qu'il faut s'attarder, afin d'y observer les modalités de jaillissement de la création: quel type de relation suscite la créativité au sein de ces couples? Les questions autour de la création de deux, à deux ou au pas de deux sont complexes, et elles concernent également la réception des œuvres, et notamment sur la reconnaissance et le regard extérieur posé sur le travail émanant du couple d'avant-garde. Nous présentons dans ce volume treize études de cas de créations à deux, issues d'un colloque consacré aux couples des avant-gardes organisé à Nice les 10 et 11 octobre 2019 dans le cadre du projet "Relire les Avant-gardes".
Ce volume est le second d'un ouvrage conçu en deux parties. Le premier recueil, sous-titré "Frontières et mouvements" s'était donné pour ambition de repenser la notion d'avant-garde. Alors que la postmodernité avait fait courir à cette notion le risque de sa dissolution dans de nouvelles catégories esthétiques, il s'agissait de questionner et de réévaluer les traits distinctifs de l'avant-garde et de soumettre les pratiques qui lui sont associées à un nouvel examen critique.Ce second volume, sous-titré "Délimitations et historiographie" entend interroger la continuité d'un phénomène qui, de toute évidence, ne se limite pas aux courants historiques qui en ont établi les principaux paradigmes. Quelles sont les traces, les empreintes ou les mémoires de l'avant-garde encore perceptibles dans les mouvements nés dans ses marges ou dans ses prolongements? C'est à cette question que le présent ouvrage entend apporter quelques réponses.
Dès le récit biblique d'Éden où Adam et Ève furent heureux avant le péché aux jardins orientaux de l'Antiquité la plus lointaine, des jardins du mythe et de la pensée classique gréco-latine aux espaces naturels culturalisés des époques plus récentes, les jardins font partie de notre imaginaire. La fascination intemporelle pour cet espace semble découler des analogies entre son ambiguïté, entrelacs de nature et culture, et la vie elle-même dans son élan créateur et destructeur: le caractère énigmatique du jardin semble renvoyer à l'énigme même de l'existence, qu'il interroge et reproduit à la fois. Les essais recueillis dans ce volume souhaitent apporter une contribution à l'analyse de cette thématique – déclinée dans sa réalité paysagère et architecturale ainsi que dans ses représentations artistiques et littéraires – inscrite au sein des contextes politiques, sociaux, culturels de l'espace défini par la mer Méditerranée. Aussi, le volume enquête sur le jardin selon une perspective interdisciplinaire, dans le but de comparer ses réalisations et ses représentations à partir des coordonnées géographiques et des variables culturelles propres de la mer Méditerranée.
Le futurisme italien et l'écriture romanesque (1909-1929)
Malgré l'absence d'un appareil théorique, force est de constater que le futurisme a produit des textes en prose que l'on peut légitimement appeler "romans". Si l'on s'en tient aux suggestions de la critique contemporaine, qui n'est pas du tout unanime quant aux œuvres et aux auteurs, on compterait une dizaine de romans, en tout et pour tout, entre 1910 et 1935. Pour notre part, nous avons comptabilisé un nombre de romans écrits par les futuristes nettement plus élevé: Palazzeschi, Corra et Ginna, Buzzi, Carli, Cangiullo, et puis Fillia, Brosio, Casavola, Folgore et Marinetti lui-même, dont on a finalement peu étudié la production romanesque, impriment et diffusent toutes sortes de "romans", antiromans, poèmes-romans, tentatives de romans, chaque texte affichant et revendiquant une spécificité futuriste. Force est de constater, dès lors, que les futuristes se sont approprié l'écriture en prose et ont essayé d'en faire un terrain d'expérimentation: peut-on légitimement penser qu'elle est futuriste? Un romancier futuriste écrit-il un roman ou un roman futuriste? Existe-t-il un "roman" futuriste?