Dernier roman de Federigo Tozzi, inachevé et publié à titre posthume en 1923, "Les égoistes" dépeint l'histoire d'un amour tourmenté, située à Rome dans les années 1910. Alors que ses amis papillonnent de fille en fille, Dario, anti-héros du XXe siècle, recherche l'amour pur et idéal, qu'il espère trouver en la personne d'Albertina. Les deux protagonistes vivent cette passion dans le silence et dans l'inaction, tous deux tétanisés par une tension émotionnelle croissante. Ici, l'essentiel de la narration n'est pas dans le "quoi" mais dans le "comment".Roman psychologique moderne sur l'incommunicabilité entre les êtres et le mal-être de l'homme de ce début du XXe siècle, où la jeune génération tente peu à peu de se libérer de la figure tutélaire du père à la recherche de sa propre identité.
La Comédie-ballet Je vous prends sans vert a été jouée 64 fois à la Comédie-Française. Donnée comme " deuxième pièce " – le jour de sa création en 1693 après Le Misanthrope –, elle n'a été éditée qu'en 1699. Elle raconte l'histoire d'un officier qui se fait passer pour mort afin de surprendre le dévergondage de son épouse. Et la joie règne en effet dans le château où la jeune femme fête l'arrivée du mois de mai.Cette pièce facétieuse et leste montre une image peu conventionnelle du XVIIe siècle. Le trouble commence avec son titre. Que signifie Je vous prends sans vert? L'enquête conduit d'abord dans la chambre de Louis XIV enfant et mène ensuite d'un jeu à l'existence incertaine jusqu'aux dérivations littéraires d'une expression usuelle. Le mystère de l'auteur caché accompagne aussi Je vous prends sans vert et les textes qui lui font escorte dans cette réédition.
Le poète latin Martial a écrit à la fin du Ier siècle de notre ère un vaste corpus d'épigrammes.On propose ici un choix significatif de ses épigrammes les plus représentatives. Ce choix n'exclut aucun domaine. Les épigrammes retenues le sont pour leur contenu autant que pour leur structure. On a voulu mettre en évidence les thèmes favoris de Martial, mais aussi les procédés d'écriture, et montrer les variations et les séries. On a retenu également plusieurs des nombreuses pièces programmatiques où Martial s'explique sur son art et sur son rapport au public.La traduction, en français d'aujourd'hui, se veut actuelle sans chercher pour autant une modernité artificielle.L'ensemble est précédé d'une préface qui situe Martial dans son temps et présente ses épigrammes.Il y a de nombreuses façons de lire Martial, et on ne le lit pas aujourd'hui comme au xviiie siècle par exemple. En tout cas, il nous a paru intéressant de demander à une poétesse contemporaine, Agnès Adda, ses réactions à la lecture de Martial. On les trouvera en postface.
De Filippo Tommaso Marinetti, la postérité a surtout retenu les anathèmes iconoclastes contre les musées, les bibliothèques et le carcan mortifère du passé. Le geste destructeur futuriste, acte de naissance des avant-gardes artistiques du xxe siècle, trouve sa forme la plus véhémente dans l'appel à la guerre contre l'Autriche, martelé depuis les premiers manifestes de 1909. Publié en 1912 et jamais réédité depuis, Le Monoplan du Pape est de cette veine nationaliste et belliciste et il y va fort, il brûle les mains. Un pilote d'avion (Marinetti lui-même), mandaté par son père l'Etna, file vers Rome, capture le Saint Pontife, le suspend à son monoplan et prêche sa guerre dans le ciel d'Italie avant de s'inviter à la grande boucherie de la bataille moderne.Écrit directement en français, Le Monoplan du Pape est, selon son auteur, un " roman politique en vers libres ". Dans le dossier infiniment débattu des rapports du futurisme avec le fascisme, il serait une accablante pièce à charge s'il n'était avant toute chose un grand poème expérimental sur la destruction, condition de toute vie et de tout devenir futuriste. Tout prend feu dans Le Monoplan du Pape, mais surtout le vers libre et la poésie symboliste que Marinetti consacre pour la dernière fois, avant de passer quelques mois plus tard au mot-librisme. Or, énorme surprise, il lui en coûte. Qui pouvait croire que sous le contempteur du sentimentalisme se cachait en fait un amant de la Lune?
Miquette et sa mère... L'un des titres les plus célèbres du théâtre de Robert de Flers et de Gaston Arman de Caillavet, devenu introuvable en librairie.Il est temps de redécouvrir ce petit bijou du répertoire Belle Époque, où des archétypes de carte postale (la jeune provinciale rêvant d'être actrice, le cabot en mal de succès, le vieux beau en quête de jeunesse) révèlent, en vérité, un monde qui ne tient debout que par le langage.Quelle fortune cinématographique, pourtant, que celle de cet objet faussement désuet! Par quatre fois porté à l'écran, il inspira notamment à Henri-Georges Clouzot, en 1950, un film encore plus théâtral que l'original.Robert de Flers (1872-1927) et Gaston Arman de Caillavet (1869-1915) régnèrent sur le Boulevard de l'avant-guerre de 1914. Auteurs d'opérettes (Le Sire de Vergy) ou de satires sociales (Le Roi, L'Habit vert), ils ont toujours poursuivi la veine sentimentale et paradoxale qui fait le charme de leur écriture.
Ulysse, dans les Fables d'Hygin, côtoie Achille et Hector, mais aussi Orphée, Actéon ou le Minotaure. Rares sont les grands récits mythologiques grecs qui n'apparaissent pas sous le stylet d'Hygin. Cet esclave affranchi, qu'on suppose être l'auteur des Fables, écrit en latin, au début de l'ère chrétienne, plusieurs centaines de notices sur des épisodes mythologiques grecs. Ces histoires, rédigées dans une langue simple et accessible, sont autant de pitches invitant à l'écriture de scénarios plus élaborés.À travers ce florilège de Fables d'Hygin, le lecteur cheminera au milieu des figures mythologiques les plus connues, tout en découvrant le regard singulier de l'illustrateur Fredde Rotbart sur ces histoires de familles, d'amour, de pouvoir et d'animaux.