Le nombre de personnes immigrées dans le monde dépasse aujourd'hui les 175 millions. Si la majorité d'entre elles vivent dans les pays développés, près de 40 %, soit 71 millions, résident dans les pays en développement. Le nombre de personnes ayant changé de pays de résidence au cours d'une période donnée est un fait plus difficile encore à établir et qui mérite donc notre attention. Les Nations unies estiment qu'au cours des années 1990, les pays développés ont reçu un solde migratoire de 2,4 millions de personnes par an en provenance des pays en développement. Et ces migrations, dites du Sud vers le Nord, gagnent toujours en variété et en complexité, non seulement quant aux pays d'origine et de destination des migrants, mais aussi par rapport aux types de migrations qui relient les différents pays. Des transformations importantes ont également cours dans les flux migratoires entre pays développés, et il en est de même pour les flux entre pays en développement.
Pour la treizième grande réunion scientifique qu'elle organise, l'AIDELF a choisi de revenir sur un thème qu'elle avait déjà abordé il y a près de vingt ans. Depuis en effet, si l'orientation des mouvements migratoires et les caractéristiques des migrants ont changé, les sources d'observation et les méthodes d'analyse ont également évolué. Dans les pays du Nord, où l'accroissement naturel est devenu faible, voire négatif, les migrations internationales sont considérées parfois comme un moyen de pallier au déficit de population active ou de ralentir le vieillissement de la structure par âge ; l'avenir des migrations est au cœur de bien des débats politiques. Dans les pays du Sud, la croissance démographique, la situation de l'emploi, parfois les conflits, ont également été à l'origine d'importants mouvements de populations. Autant de raisons qui justifient que l'AIDELF s'intéresse à nouveau à ce thème.
L'éventail des questions et des thèmes qui ont été abordés lors de ce colloque est assez large, abordant aussi bien des problèmes méthodologiques que des résultats empiriques, pour déboucher sur les perspectives.
Pour son premier colloque se déroulant en Afrique subsaharienne, l'AIDELF avait choisi de s'intéresser aux enfants. Depuis la fin des années 1980 en effet, l'enfant a émergé comme une catégorie juridique à part entière. Dans certaines régions du monde en développement, cette catégorie est d'autant plus cruciale que les moins de 15 ans représentent la moitié de la population totale. L'objectif général était d'approfondir nos connaissances sur la démographie des enfants dans le monde et de susciter plus de recherches sur ce thème parfois un peu délaissé dans les pays du Nord.
Le colloque était structuré en sept séances. Il s'agissait tout d'abord de s'interroger sur les problèmes méthodologiques à résoudre - et ils sont nombreux - pour pouvoir observer et analyser la population des enfants. Trois séances étaient ensuite consacrées à l'analyse des grandes transformations de l'environnement de vie des enfants et des contextes dans lesquels ils grandissent : environnement familial au sens large, contexte socio-économique et culturel, et contexte institutionnel. Les deux séances suivantes se sont attachées à l'analyse des parcours suivis et des risques encourus par les enfants, dans le domaine de la santé et du bien-être d'une part, dans le domaine de l'éducation et du travail d'autre part, en recherchant les conséquences des modifications contextuelles mises en évidence dans les trois séances précédentes. La dernière séance offre une réflexion sur l'avenir.
C'est au Sénégal, non loin de Dakar, dans le cadre enchanteur de la baie de N'Gor, que s'est déroulé ce douzième colloque organisé par l'AIDELF, en partenariat avec l'IRD de Dakar, en décembre 2002. Pendant quatre jours, plus de 150 chercheurs venus d'une trentaine de pays d'Afrique, d'Amérique, d'Asie et d'Europe ont débattu des travaux présentés par près d'une centaine d'entre eux, dont les textes sont réunis dans le présent ouvrage.
Quelles ont été les évolutions démographiques en France depuis la dernière guerre ? En quoi la France se distingue-t-elle des autres pays européens ? Quels sont les nouveaux phénomènes et dans quelle mesure ont-ils affecté la population (nouvelles formes d'union, surendettement, exclusion, Sida, enfants d'immigrés...) ? Telles sont les questions auxquelles les démographes de France, sollicités par la Conférence Universitaire de Démographie et d'Etude des Populations ont tenté de répondre à l'occasion de XXVème Congrès international de la population organisé par l'Union Internationale pour l'Etude Scientifique de la Population, à Tours en juillet 2005. Leurs analyses s'accompagnent d'une abondante documentation chiffrée mise à la disposition des lecteurs.
Dans nos sociétés contemporaines, l'analyse démographique trouve une multitude de champs d'application aussi bien dans le domaine de la gestion publique que dans le cadre de la gestion de l'entreprise ou 'étude de la consommation. Au sein de l'AIDELF, mais également dans le cadre de l'EAPS (European Association for Population Studies), le souci de collaboration et d'échange dans le champ de la démographie appliquée a vu le jour et s'est concrétisé récemment. En avril 1995, un séminaire de l'AIDELF a été organisé à Cosenza (Calabre, Italie) à l'initiative de Giuseppe De Bartolo sur le thème " Ladémographie appliquée au service de l'entreprise et de la gestion publique ". Par ailleurs, dans le cadre du congrès européen de démographie de Cracovie en juin 1997, une séance spéciale a été consacrée à la démographie appliquée, sous les auspices d'un groupe de travail mis sur pied sur ce thème. Ce sont les communications présentées à ces deux occasions qui sont assemblées dans cet ouvrage publié par l'AIDELF. à la lecture de ces différents textes, il ne fait plus aucun doute, ladémographie appliquée existe bel et bien dans le paysage de la démographie, qu'elle soit francophone ou européenne. Les méthodes utilisées sont les mêmes que celles développées en démographie en général, mais le plus souvent les populations concernées sont des sous-populations spécifiques ou des populations de territoire estreint. Ainsi, le problème des populations de petite taille est-il récurrent en démographie locale et les contributions à ce recueil démontrent qu'une démographie appliquée aux petites populations est possible en prenant quelques précautions d'ordre statistique.
Le 10e colloque de l'AIDELF s'est tenu a Byblos, au Liban, du 10 au 13 octobre 2000. En pleine période de recrudescence des tensions au Moyen-Orient, le colloque s'est déroule dans le calme et dans d'excellentes conditions, grâce a l'accueil bienveillant de la municipalité de Byblos et plus généralement à celui des autorités libanaises, et grâce au soutien du Centre international de l'UNESCO. Sans oublier l'activité déployée par le Comite d'organisation, et tout particulièrement à l'INED celle de Joëlle Gaymu, Murielle Darblade, et Youssef Courbage. Qu'ils soient ici remerciés.Le thème du colloque : " Vivre plus longtemps, avoir moins d'enfants : quelles implications ? " a permis de susciter de nombreuses réactions, qui ont montre qu'au-delà du phénomène de transition démographique qui tend à rapprocher entre eux les pays, des différences importantes de valeurs et d'interprétations concernant ces implications demeuraient, soulignées notamment par certains orateurs du Maghreb et d'Afrique sub-saharienne. La formule " Vivre plus longtemps, avoir moins d'enfants " pouvait en effet être interprétée par les uns sous le mode du constat, par les autres comme un objectif à poursuivre, ce qui fut discuté.Le colloque a aussi crée l'opportunité d'entendre quelques interventions sur la situation démographique libanaise. Informations d'autant plus précieuses qu'on ne dispose pour l'étudier que de relativement peu d'éléments, pour trois raisons : la guerre du Liban, terminée il y a seulement une dizaine d'années, a entraîné une désorganisation de la collecte statistique ; l'absence de recensements, notamment pour des raisons politiques et confessionnelles ; et les très importants mouvements de migrations internationales de la population libanaise.Il faut également souligner une nouveauté pour ce colloque de l'AIDELF : son lancement par des interventions inaugurales rappelant les grandes tendances de la fécondité, de la mortalité et du vieillissement démographique, avant le début des séances thématiques. Ces interventions ont permis de synthétiser les connaissances sur chacun de ces thèmes, sur le plan empirique, historique et théorique, proposant ainsi pour la suite du colloque un cadre d'analyse commun.
Toute population humaine est soumise à un processus de renouvellement continu plus ou moins complexe, selon qu'elle entretient ou non des échanges migratoires avec d'autres populations.Chaque année, une génération moyenne s'éteint, tandis que les générations subsistantes voient leurs effectifs peu ou prou affectés par la mortalité et, le cas échéant, par la migration, tandis qu'une nouvelle génération apparaît.Pour son 4ième colloque, l'AIDELF a choisi de privilégier, parmi les multiples aspects du processus de renouvellement des populations, ceux qui sont plus directement liés à la reproduction des individus.Par quelles voies, à l'aide de quelles mesures, les sociétés tendent-elles à réguler le comportement procréateur des couples ?Quelles sont les diverses techniques mises en oeuvre ?Ces techniques ont-elles une incidence sur le niveau de la fécondité ? Sur la santé des femmes et des enfants ?Quelles difficultés de collecte de données, de mesure, de définition, l'analyse des modes de régulation de la reproduction humaine soulève-t-elle ?
Depuis une vingtaine d'années, la chute de la fécondité attire l'attention des démographes en Occident : dans le même temps, on détecte ou on attend les premiers signes de la baisse dans le Tiers-Monde.Mais d'autres modifications ont précédé ou accompagnent celles de la fécondité : la précocité du mariage, la durée des unions ou l'âge des enfants à leur départ du foyer sont aussi en train de changer.La diversité et la place relative des types de familles évoluent donc, c'est le cadre où sont prises la plupart des décisions concernant la consommation, l'activité, la fécondité, etc.Quelles descriptions et quelles analyses peut-on faire de ces modifications dans les pays industrialisés et ceux du Tiers-Monde ?Quels modes de mesure les mieux adaptés aux caractéristiques des nouveaux phénomènes doit-on définir ? Quels nouveaux modes de collecte sont éventuellement à prévoir et à mettre en oeuvre ?Quelle est l'origine des changements familiaux ? Quelles sont leurs conséquences sur les comportements individuels ?