Le livre Imagine Japan s'inspire de l'exposition du même nom. Il en retrace le déroulement et propose une partie de l'iconographie exposée. Il présente aussi, et c'est là sa particularité et son point fort, une série d'articles inédits sur la perception du Japon par les Occidentaux, sur le contexte historique – de la période Edo à l'ère Meiji – dans lequel évolue Aimé Humbert, ainsi que sur le corpus rapporté par le diplomate. Par ce biais, il évoque certaines pratiques nippones de cette ère.
Quelles sont les questions posées par les collections ethnographiques en ce début de XXIe siècle et en quoi celles-ci restent-elles pertinentes pour interpréter notre présent ? Comment rendre compte de la richesse du patrimoine ethnographique neuchâtelois sans l'enfermer dans une logique chronologique, géographique, ethnique ou fonctionnelle ? Comment valoriser un fonds très contrasté et diversifié sans en rester à l'exposition des chefs-d'œuvre qu'il renferme ?Sous la forme de tableaux poétiques disséminés dans la Villa de Pury et appelés à évoluer indépendamment les uns des autres, l'équipe du MEN ouvre autant de dossiers récents et les associe à des questions contemporaines faisant intervenir l'histoire de l'Institution, les fantômes qu'elle abrite, les enjeux qu'elle recouvre et les pratiques sociales qu'elle analyse.Chaque section présente des échantillons significatifs des collections anciennes et récentes, permettant de nombreux croisements et associations d'idées, et joue de divers moyens de mise en perspective, qu'il s'agisse de télescopages, d'esthétisation, de saturation, de mise en abîme ou de réflexion critique.Ce faisant, les concepteurs rappellent que les êtres humains et les biens matériels qu'ils échangent ne cessent de se transformer, tout comme le regard porté sur eux ; ils s'inscrivent ainsi dans une dynamique ramenant avant tout à l'impermanence des choses.
L'idée centrale développée dans l'exposition Secrets – dernier chapitre de la trilogie consacrée au Patrimoine culturel immatériel – est que le secret constitue une modalité essentielle de la communication. En ce sens, il existe au moins autant pour informer que pour taire et son parcours tend vers la révélation partielle ou totale des contenus apparemment dissimulés. Objet de méfiance lorsqu'il opacifie le fonctionnement de puissantes institutions et leurs processus décisionnels, il est en revanche considéré comme indispensable lorsqu'il protège la justice, les médias, la sphère privée ou des intérêts personnels.Véritable clé de l'exposition du même nom, le livre Secrets révèle les lieux publics qui, en ville de Neuchâtel, ont abrité les mises en scène illustrant l'importance, la place et le fonctionnement du secret dans la vie quotidienne, à travers des champs aussi variés que l'économie, la santé, la religion, l'intime, le juridique, les médias ou les sciences.Cet ouvrage richement illustré fait la lumière sur les différentes réflexions liées au secret, proposées par l'équipe du Musée d'ethnographie de Neuchâtel (MEN). Il recense par ailleurs des articles rédigés par des ethnologues, anthropologues et historiens de renom qui invitent à poursuivre la réflexion sous un angle nouveau.
Tandis que les médias charrient un flot ininterrompu de nouvelles apocalyptiques, l'équipe du MEN invite à se pencher sur la question de l'après, en collaboration avec des artistes et des chercheurs en sciences sociales. Richement illustré, le livre What are you doing after the apocalypse? retranscrit fidèlement l'exposition du même nom qui revient sur la toile de fond de toutes les politiques de sauvegarde et de conservation: les événements dramatiques qui confrontent les sociétés humaines à l'oubli, à la perte et à la disparition.
Comment est-ce que les sociétés humaines appréhendent, organisent, conservent et mettent en valeur ce qui relève de l'immatériel par excellence, à savoir leurs productions sonores?Partant de la parenté étroite entre les notions de bruit, de son, de parole et de musique, l'équipe du MEN rend un hommage critique à ceux qui, à travers l'histoire, se sont attelés à articuler ces catégories, à développer leur perception, à formuler de nouvelles règles ou à les élargir par une meilleure compréhension des systèmes élaborés dans d'autres cultures. Elle interroge la propension de certains acteurs à tirer la sonnette d'alarme dès que pointent à l'horizon les notions d'évolution, de perte ou d'oubli. Elle décortique les stratégies, les démarches et les moyens mis en œuvre afin de conserver certains éléments culturels élevés au rang de patrimoine et d'en écarter d'autres. Elle fait enfin ressortir les enjeux contemporains liés aux appropriations, détournements, recyclages et exploitations en tous genres des gisements sonores mis à disposition de chacun par les nouvelles technologies de l'information et de la communication.Catalogue de l'exposition Bruits – premier opus d'une trilogie consacrée au patrimoine culturel immatériel dans le cadre d'une recherche conduite avec l'Institut d'ethnologie de l'Université de Neuchâtel et plusieurs autres instituts helvétiques – cet ouvrage richement illustré est par ailleurs agrémenté de plusieurs articles rédigés par des anthropologues, sociologues, musicologues, historiens, compositeurs et musiciens de renom.
Catalogue de l'exposition Helvetia Park – conçue en collaboration avec la Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia – qui interroge les points de contact et de friction entre différentes conceptions de la culture en Suisse aujourd'hui, cet ouvrage est richement illustré et agrémenté d'articles rédigés par des anthropologues, des muséologues, des historiens, des écrivains et des journalistes.Le propos s'articule autour de onze attractions d'une fête foraine conçus pour voyager et faire sens individuellement. Leur forme esthétique répond étroitement à celle des baraques foraines classiques mais développe des récits contrastés en lien avec le thème de la culture, ses multiples définitions et les enjeux de pouvoir qui la travaillent.Ainsi le jeu de massacre permet-il d'évoquer l'aspect cathartique de la culture critique, incarnée notamment par les humoristes, caricaturistes et autres bouffons modernes; les auto-tamponneuses désignent les glissements et télescopages permanents entre divers domaines et systèmes de définition; le tir-pipes aborde le thème du goût et de la distinction sociale ainsi que l'intérêt croissant portés aux produits dérivés par de nombreuses institutions culturelles; le carrousel évoque le cycle des rites calendaires, l'illusion qu'ils sont immuables et la croyance qu'ils renvoient aux origines de la société; une baraque de voyante permet aux experts de dérouler leurs prophéties et de distribuer leurs conseils généralement payants; un palais des glaces met en abîme l'individu et son rapport au paysage, donné pour naturel mais en réalité construit de A à Z; un train fantôme dresse un bilan des crises artistiques ayant jalonné l'histoire du pays et suscité de vifs débats quant à son image internationale; un petit cinéma juxtapose le glamour potentiel et l'austérité effective du cinéma suisse; et un "freakshow" interroge la manière dont s'établissent les frontières entre normalité et monstruosité, ceci tant à l'égard des personnes que des objets.Le parcours d' Helvetia Park permet de se confronter à la variété des formes, des constructions et des croyances culturelles qui nous environnent, et de mieux se positionner face à elles.
Avec Retour d'Angola, l'équipe du MEN revient sur un épisode-clé de l'histoire de l'institution : la 2e Mission scientifique suisse en Angola (MSSA), qui fut menée par des chercheurs neuchâtelois de 1932 à 1933 et qui a fourni au Musée une part importante de ses collections africaines.En s'intéressant plus particulièrement à Théodore Delachaux (1879-1949), artiste, collectionneur, scientifique, membre de l'expédition et conservateur du Musée d'ethnographie de 1921 à 1945, ses "après-venants" questionnent aussi bien le propos de la Mission que les enjeux actuels liés à l'étude et à la conservation des matériaux récoltés. Du terrain aux réserves, entre objets "stars" et collections à peine déballées, s'esquissent tout à la fois les paradoxes inhérents aux pratiques ethnographique et muséale ainsi que les débats liés aux moyens nécessaires pour en assumer l'héritage. Un tel examen du passé requiert une approche critique, puisqu'il ne s'agit pas d'endosser naïvement les catégories de pensée en vigueur à l'époque, mais également une capacité de recul, puisqu'il ne s'agit pas non plus de juger les prédécesseurs à partir des postures intellectuelles contemporaines.Retour d'Angola offre à l'équipe du MEN l'occasion de faire découvrir un ensemble d'objets et de photographies unique au monde, dont la majeure partie n'a plus été montrée au public depuis les années 1940.Dépassant le catalogue d'exposition classique, l'ouvrage Retour d'Angola s'inscrit dans la lignée éditoriale ouverte avec Figures de l'artifice. Etroitement lié au déroulement narratif de l'exposition, il est construit selon la même articulation que les espaces d'exposition. Chaque chapitre comporte une documentation visuelle de l'exposition puis un catalogue des pièces exposées et enfin une ou plusieurs contributions développant ou discutant les thématiques abordées. Bien qu'il n'épuise pas l'étude et la compréhension de la 2e MSSA et de ses retombées, l'ouvrage est également l'occasion de présenter et d'exploiter des documents pour la plupart inédits.
Avec La marque jeune, l'équipe du MEN aborde les relations complexes qui s'instaurent entre la jeunesse, la contestation et la consommation. Elle interroge le discours d'insécurité qui prévaut aujourd'hui à l'aune des événements qui se sont produits depuis les années 1950 et des commentaires pour le moins répétitifs qu'ils ont suscités. Elle formule l'hypothèse que, loin de provoquer le chaos, la rébellion récurrente des plus jeunes contribue à dynamiser la société dans son ensemble. Elle souligne également l'importance paradoxale des figures et des rites de la révolte non seulement sur le plan de la consommation culturelle, dont ils sont manifestement l'un des moteurs principaux, mais également sur celui de la socialisation et de l'intégration sociale.Une quinzaine d'auteurs ont répondu à l'invitation visant à enrichir notre réflexion par des collaborations extérieures. Leurs contributions ont été intégrées dans l'espace conceptuel qui leur convenait le mieux. Elles offrent un prolongement immédiat et une relance bienvenue aux diverses thématiques abordées dans l'exposition. Le présent ouvrage offre ainsi tout à la fois un compte rendu, un catalogue et un recueil d'articles.
Sous le titre Figures de l'artifice, l'équipe du MEN propose une réflexion sur le rapport que les sociétés de ce début du XXIe siècle entretiennent avec les technologies de pointe susceptibles de modifier dans un proche avenir la carte et les frontières de l'humain.Abordant tour à tour l'écart Homme-Homme, Homme-dieu, Homme-animal et Homme-machine, elle associe des figures choisies tant dans le domaine des pratiques sociales et des recherches scientifiques que dans celui des récits mythiques et populaires.Désir narcissique de remodeler les corps par une approche esthétique de moins en moins discrète, rêve démiurgique de donner vie aux objets et aux corps inanimés, pouvoir de pénétrer au cœur du codage génétique et d'en modifier la carte en mélangeant les genres, volonté obstinée de réparer et d'augmenter les ressources corporelles confrontées aux obstacles de l'infirmité et de la compétition, tentation de s'extraire du corps pour devenir pur esprit capable de pénétrer les réseaux d'information, telles sont quelques-unes des directions explorées par l'exposition et présentées dans cet ouvrage.L'exposition s'appuie pour ce faire sur le destin d'un personnage appartenant à la mythologie grecque, qui suit une trajectoire complexe dans le domaine de la recherche et de ses applications: Dédale, à la fois sculpteur, architecte, ingénieur, voire roboticien, ainsi que meurtrier impulsif et stratège roublard, sachant tirer parti mais également s'extraire de ses propres créations.Devenu nom commun, le dédale est aussi ce parcours initiatique que tout individu doit parcourir en affrontant ses peurs enfouies et ses espoirs déçus, et dont il ne croit s'évader qu'en développant de nouvelles aptitudes repoussant les contraintes de sa condition. Le cœur de l'exposition permet à cet effet de poser ouvertement la question du sens de nos parcours et de nos choix dans un contexte où l'instant présent et la navigation à vue tiennent lieu d'horizon mental et de mode d'orientation.Catalogue de l'exposition, cet ouvrage richement illustré est enrichi de schémas, de notes manuscrites, de photos et de plans conceptuels des différentes phases de conception de l'exposition.