Ce volume est le septième de la collection " Les anciennes mesures locales d'après les Tables de conversion ", née de la constatation faite à un colloque tenu en 1981, qu'une bonne connaissance des anciennes mesures était nécessaire pour des recherches locales. Mais elles constituaient un maquis difficilement pénétrable. Il convenait donc d'adopter la voie de pénétration offerte par l'équivalence entre ces mesures et le système métrique par lequel la Révolution de 1789 entendait les remplacer. L'ensemble de la population était alors concerné par ce changement. C'est pourquoi des commissions départementales, formées d'hommes de savoir, furent chargées d'élaborer des tables indiquant les rapports entre les deux générations de mesures. Ce sont ces Tables de conversion épaulées par d'autres renseignements métrologiques qui font l'objet de cette collection.
En ce moment où le changement global prend une consistance à la fois réelle et menaçante, un écho se crée entre le devenir de la Terre et le revenir de la terre. Attention aux majuscules! Nous n'allons pas parler ici de la Terre avec une majuscule, de la planète toute singulière, la grosse bille bleue, mais de la terre en minuscule, l'humble matière rouge ou marron que l'on travaille, l'étendue que l'on partage ou que l'on conquiert, le sol qu'on arpente, le lieu d'où l'on vient, que l'on quitte, qui nous rappelle. La terre revient: on la pensait remisée dans les limbes d'un passé révolu, la richesse de ses significations élaguée par la modernité. Nous pensions que nous nous étions définitivement détachés des liens que la glèbe avait créés. Sous nos yeux, les voilà qui reprennent vigueur dans nos sciences, dans nos imaginaires, dans nos itinéraires de vie, dans nos futurs politiques. La terre revient: qu'a-t-elle à nous dire de nous-mêmes? Qu'est-ce que ce revenir permet de penser? Et comment revenir à la terre?Ce numéro de Tracés interroge la terre comme objet de pensée, comme enjeu de pouvoir et comme lieu d'exercice d'une multiplicité de puissances d'agir et de devenirs politiques. En assemblant dix contributions (traduction, note, dialogue et articles) de toutes les sciences humaines et sociales (géographie, histoire, philosophie, anthropologie), il cherche à éclairer différentes facettes du revenir de la terre – et ce faisant, à remettre la terre au cœur des interrogations du contemporain.
Ce hors-série de Tracés repose sur l'idée que si beaucoup de travaux étrangers sont (plus ou moins) accessibles aux chercheurs français, ils ne sont pas tous également lus et discutés. Ce numéro est ainsi construit autour de la traduction et la discussion de textes de chercheurs étrangers, sélectionnés par la revue pour leur caractère emblématique de ces réceptions manquées, et répartis dans trois dossiers thématiques distincts.Le premier est consacré aux travaux de Charles Goodwin, anthropologue linguiste américain, pionnier de l'étude de l'action située et spécialiste de l'analyse de l'interaction. Les quatre contributions rassemblées explorent plus spécifiquement les travaux récents de Goodwin sur le principe de co-opération, abordés dans une perspective interdisciplinaire (sociologie, linguistique, sémiotique et art).Un deuxième dossier revient sur une querelle de méthodes en histoire économique, initiée par la publication en 2011 de The Poverty of Clio: Resurecting Economic History de Francesco Boldizzoni. Le dossier donne à lire son premier chapitre, traduit, qui revient sur la naissance de la cliométrie au milieu du xxe siècle, et sa discussion par des chercheurs et des chercheuses qui pratiquent l'histoire économique en France aujourd'hui.Le troisième dossier " Biens communs, beni comuni " restitue l'originalité d'une théorie des communs, élaborée par les universitaires dans une Italie où foyers de contestations et initiatives politiques ont alimenté une conception alternative des rapports entre droit et politique. Les textes réunis ici font le point sur les transformations sociales en cours et sur la façon dont le droit tente de leur faire écho.
Et si la dynamique des faits sociaux relevait moins d'une logique interne à l'organisation des hommes entre eux qu'à un ensemble d'interactions entre ces derniers et leur milieu ? Voilà l'hypothèse générale que les textes réunis dans ce numéro de Tracés cherchent à explorer. L'élaboration théorique d'une science des milieux humains, telle qu'elle a pu être proposée par G. Bateson, a en effet fourni une impulsion à un ensemble de recherches empiriques qui prennent le parti de suivre les faits sociaux dans leurs multiples relations aux objets, naturels et techniques, qui les entourent. Ces derniers cessent alors d'apparaître comme un simple décor au sein duquel le social prendrait place, pour participer pleinement à la construction de l'action collective, à l'élaboration d'enjeux normatifs et politiques, ou plus simplement à la formation de l'expérience. Les textes qui composent ce numéro mettent en œuvre cette approche dans le cadre de disciplines variées, notamment l'anthropologie (T. Ingold, B. Gille), l'histoire (D. Davis), la philosophie (C. Larrère), ou encore la biomimétique (J. Becker), mais aussi en mobilisant diverses échelles et objets d'analyse : l'environnement naturel, bien sûr (L. Garçon et A. Navarro), la ville (A. Pecqueux), l'espace domestique (N. Lavalle). L'inscription du social dans des milieux apparaît alors bien souvent comme un objet de négociations, de désaccords, comme l'occasion de redéfinir les principes du lien social, et cela à l'échelle d'une ville (M. Tironi) ou d'une formation économique (P. Charbonnier). Enfin, ce numéro donne la parole à ceux pour qui les milieux sont d'abord une matière à travailler, comme les urbanistes (N. Michelin) ou certains artistes (A. Linke).Par delà la multiplicité des perspectives et des objets envisagés, Écologiques met en question la valeur heuristique des approches en termes de milieu. En effet, celles-ci provoquent une attention renouvelée aux phénomènes ordinairement pris en charge par les sciences humaines, elles en mobilisent de nouveaux, elles déplacent les frontières entre les catégories classiques et les disciplines qui forment ce paysage intellectuel. Sans prétendre tirer un bilan définitif de ces transformations, ce numéro se propose donc de prendre nos repères dans ce nouvel espace.
Utiliser, gérer et aménager les espaces collectifs sont des préoccupations qui traversent les siècles, avec des traductions diverses selon les époques. Aujourd'hui encore, même si l'intensification des pratiques agricoles tend à leur marginalisation, ils conservent un rôle social, écologique et même économique, dont se préoccupent aussi bien leurs usagers multiples que la puissance publique.C'est parce que l'invention de nouvelles formes de mise en valeur de ces espaces passe par la connaissance de leur histoire et de la variété des territoires dans lesquels ils s'inscrivent que cet ouvrage se propose de parcourir le dernier millénaire, afin de mieux comprendre leur place dans la vie des populations d'autrefois et d'aujourd'hui, en France et en Europe.
À la suite des quatre volumes précédents dans la même série, le volume offre des équivalences entre anciennes et "nouvelles" mesures selon les tables élaborées à partir de la Révolution française. Les deux tiers environ du territoire français. Sont concernés les départements suivants : Ain, Côte d'Or, Doubs, Drôme, Isère, Jura, Rhône, Saône-et-Loire, Haute-Saône, Savoie et Haute-Savoie. Aidée du cadastre napoléonien, la métrologie d'Ancien Régime continue d'être mise à la disposition de tous ceux qui mènent des recherches historiques à l'échelle locale.
Comme les précédents ouvrages de la série, le volume propose des équivalences entre anciennes et "nouvelles" mesures, à partir des tables de conversion mises au point par les commissions départementales des poids et mesures. Les données concernent ici douze départements : Charente, Charente-Maritime, Cher, Indre, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe, Deux-Sèvres, Vendée, Vienne.