Les représentations de la langue française et les imaginaires qui les entourent évoluent au XVIIIe siècle. La comparaison de la langue avec un corps est un leitmotiv des théories et des fictions. Ce numéro explore cette analogie pour en percer les enjeux.
Les représentations de la langue française et les imaginaires qui les entourent évoluent au XVIIIe siècle. La comparaison de la langue à un corps et l'expression le corps de la langue reviennent tels des leitmotive dans les écrits théoriques et fictionnels. Ce numéro explore cette analogie afin d'en analyser les fondements, les enjeux et les mutations. Les Lumières remettent en question l'idéal de fixité, d'ordre et de clarté prôné par la langue dite classique. La Révolution impose la présence du corps charnel et l'image de la langue comme entité sociale et unité de la nation. L'époque souligne des pratiques situées et incorporées dans un usage plus quotidien et créatif de la langue. La fin du siècle cherche à penser la langue du côté du mouvement et de l'énergie, du désordre et de l'opacité, de la folie et de la poésie, moins les mots eux-mêmes que les voix incarnées qui les énoncent.
En France et au Liban, l'identité professionnelle des enseignants est aujourd'hui mise à mal et entraîne une perte de sens et d'attractivité du métier. Ce numéro explore la manière dont les enseignants vivent ces difficultés et reconfigurent leur identité professionnelle.
Dans les contextes libanais et français, le constat est le même : l'identité professionnelle des enseignants est aujourd'hui mise à mal. Si la construction d'une identité professionnelle repose sur l'appartenance à un collectif, sur l'investissement d'une identité qui contribue à la réalisation de soi, sur l'affirmation de valeurs partagées, ce numéro s'interroge sur la façon de maintenir cette dynamique identitaire dans une perspective vertueuse quand les collectifs se dissolvent, que le ciel des valeurs se brouille et que l'exercice du métier n'offre plus d'opportunité de valorisation mais multiplie les expériences négatives, les contrariétés, les déceptions.Les contributions s'intéressent à la façon dont les enseignants et le métier font face à des difficultés. Elles s'attachent à repérer les formes de résilience, d'inventivité, de solidarité qui se manifestent et favorisent une reconfiguration des identités professionnelles. La perspective comparative et historique adoptée permet d'identifier des éléments communs, des traits stables appartenant à une forme de tradition, mais également des éléments émergents, et ainsi de dessiner les contours de cette identité professionnelle enseignante en recomposition et de dégager des pistes pour la formation ou l'accompagnement des collectifs.
Lettres de mon moulin a souffert de lectures réductrices : tantôt œuvre pour enfants, tantôt ouvrage régionaliste. Il est temps de relire ce recueil composite et ambigu, avec son ironie et ses côtés sombres, et pour le rapport complexe entre Paris et la Provence.
Lettres de mon moulin est une œuvre patrimoniale, mais le recueil a souffert de lectures réductrices voire totalement fausses, qui en faisaient une œuvre pour enfants ou à vocation régionaliste. Or il s'agit d'un recueil composite, ambigu, qui a plu à des auteurs très différents, parfois pour son ironie ou ses côtés sombres, souvent occultés, ou encore par le rapport complexe qui se joue entre Paris et la Provence. L'objectif de ce dossier est de relire le recueil à la fois dans l'esprit des contemporains et avec les méthodes et thèmes de la recherche actuelle.
Notre époque de désarroi sʼinterroge sur son bien, sur ce quʼelle aime, et ce nʼest pas un hasard si lʼœuvre de Simone Weil, qui aborde ces questions dans un contexte socio-politique désespéré, brûle aujourdʼhui dʼactualité. Sur la question de lʼamour, le problème de lʼhomme est que tous les biens quʼil rencontre sʼavèrent illusoires, ce pourquoi il ne lui reste quʼà fuir le monde ou à céder à lʼivresse de la puissance et de la domination. La voie que propose la philosophe est toute autre : faire face au vide de lʼexistence, et, à travers le consentement à sa froide nécessité, faire lʼexpérience du bien réel et parfait, seul digne dʼamour. Cʼest seulement suite à cette rencontre que lʼhomme peut retourner dans le monde et agir concrètement pour une justice éclairée par lui. Lʼamour se décline ainsi en autant de formes : érotique au sens platonicien, amical et charitable, enfin politique, notamment sous la forme de la légitimité, et cʼest à lʼexamen de ces formes que cet ouvrage est consacré.
La Cavalcade des Vices est une image marquante : les sept péchés capitaux chevauchent leur animal allégorique, en chemin vers l'Enfer. En peintures, sculptures, enluminures, gravures, pièces de théâtre, fêtes civiques, cette image surgit partout en Europe entre le XIVe siècle et le XVIIIe siècle. Injonction morale, c'est aussi le levier d'une coercition sociale et politique protéiforme, de ses origines à l'Antiquité chrétienne à ses constructions dans les oeuvres d'art des périodes médiévale et moderne.
Le catholicisme en Europe est devenu, entre 1945 et 1968, un espace de contestation sociale et politique marqué par des tensions entre changement et contrôle, avec prêtres et laïcs comme protagonistes.
Entre 1945 et 1968, le catholicisme en Europe occidentale a vécu une profonde transformation sociale et politique. Prêtres et laïcs ont impulsé de nouvelles formes d'apostolat, défiant les structures ecclésiales et promouvant un renouveau interne. Ce phénomène transnational a redéfini l'engagement chrétien, politisé de larges secteurs sociaux et généré des tensions intra-ecclésiales et avec le laïcat. Les ressources de l'Église, à la fois moteurs de contestation et instruments de contrôle, illustrent l'ambivalence de ce processus.
Depuis 2021, la sécheresse en Roussillon fait les gros titres des journaux régionaux comme nationaux. Certes, cette sécheresse est dévastatrice, mais est-elle vraiment historique ? Et ne fait-elle pas partie des ces catastrophes dites " naturelles " dont l'origine est bien humaine ? Dès lors, quelles seraient les solutions pour y échapper ? L'actualité est faite en Roussillon d'alertes sécheresse mais la chronique recense depuis 150 ans de nombreux épisodes de ce type et l'on sait depuis longtemps donner une explication météorologique à ces épisodes propres au climat méditerranéen. Penser que le réchauffement en cours, bien réel, est la seule cause de ces accidents est une manière trop facile de s'exonérer d'erreurs de gestion.Les inconséquences en matière d'aménagement sont flagrantes en Roussillon (comme dans de nombreuses autres régions). Non seulement la ressource hydrique est très sollicitée par l'agriculture, mais elle l'est de façon anarchique. Les usages urbains sont mieux connus ; mais la multiplication des lotissements a conduit des communes à la panne sèche et à un avenir assez sombre.Enfin, la mesure du risque lié à l'irrégularité climatique n'est pas prise dans sa globalité. En matière d'incendie, la sécheresse est un paramètre parmi d'autres. C'est également vrai pour les désordres dans le bâti qu'aujourd'hui on lui impute exclusivement. Et l'on ne doit pas méconnaître le risque d'un retour des inondations.Alors que faire ? Avant tout mobiliser les nombreuses connaissances déjà existantes et ne plus se voiler la face en faisant des choix d'aménagement dictés par une réflexion à long terme.
Sans logistique, il n'y a ni victoire, ni armée capable de durer. Pourtant, cet élément essentiel de la guerre demeure l'un des aspects les moins étudiés de l'histoire militaire.
Issu du colloque organisé à l'Université Polytechnique Hauts-de-France en mars 2023, cet ouvrage réunit quinze historiens, chercheurs et militaires qui explorent les multiples dimensions de la logistique militaire. Des routes de l'Empire romain aux opérations contemporaines, des montagnes de l'Inde aux déserts du Koweït, ils montrent comment l'acheminement des hommes, des vivres, des munitions, de l'énergie ou des équipements conditionne le succès des campagnes militaires.
À travers des études de cas inédites, le lecteur découvre les défis de la planification, l'ingéniosité des systèmes de soutien, la diversité des moyens de transport – humains, animaux ou mécanisés – ainsi que les constantes adaptations imposées par les contraintes du terrain, de la technologie et de l'environnement.
En croisant les regards d'universitaires et de praticiens, ce volume met en lumière un domaine aussi discret qu'indispensable, offrant une réflexion originale sur l'évolution de la guerre et des armées, de l'Antiquité jusqu'aux enjeux énergétiques et environnementaux du XXIᵉ siècle.
Un ouvrage de référence destiné aux historiens, militaires, étudiants et à tous ceux qui souhaitent comprendre ce qui, derrière chaque victoire, permet réellement à une armée de combattre.
Comment les membres du groupe choral et les héros du drame jouent-ils ensemble ? Ce numéro tente de répondre à cette question en confrontant les textes anciens aux expériences contemporaines d'un " jeu en commun " tragique.
Dans La Poétique, Aristote insiste sur la nécessité pour le chœur de " jouer avec " les héros du drame tragique sous peine d'être réduit à des interludes. Or c'est précisément cette marginalisation du groupe choral qui a été accomplie non par les auteurs tragiques grecs mais par les éditeurs modernes – et, dans leur sillage, beaucoup de metteurs en scène contemporains – en remplaçant le chœur par un personnage unique, ledit " coryphée ", dans les parties dialoguées. Aussi s'agit-il de " dé-coryphéiser " et par là même de " re-choraliser " les tragédies en réintégrant le chœur dans la construction du spectacle tragique. Comment les membres du groupe choral et les héros du drame jouent-ils ensemble ? Quelles nouvelles dynamiques spectaculaires cette étude des interactions – qui inclut des enjeux dramatiques mais également une recherche sur le partage de l'espace de jeu, du chant et de la gestualité – permet-elle de retrouver ? C'est cette question que pose se numéro en confrontant les études philologiques et archéologiques aux expériences contemporaines de mise en scène pour aborder la question à la fois esthétique et politique de la construction d'un jeu en commun.
Exploring ancient Egyptian ceramic art in the New Kingdom
The volume publishes the painted pottery from the excavations at Karnak North by Jean and Helen Jacquet, and Philippe Brissaud. The material attests three categories: monochrome- and bichrome-painted, and blue-painted pottery, with the majority of the latter type. The forms occurring in each category are presented separately and the motifs employed upon each category are identified and presented in an extensive list. While the pottery derives from disturbed contexts, and the majority was dumped at the site and may have been moved several times, it is an important selection of material. This is especially the case with the blue-painted pottery. The collection enables a comparison of the categories to be made and their interconnections identified. The corpora of bichrome-painted pottery and blue-painted pottery are compared with those from elsewhere in Egypt and their evolution from the mid-18th to mid-20th Dynasties is analysed. The function of each category is reviewed and, in relation to the blue-painted pottery, the marks found upon certain forms are analysed to shed light upon this topic and its place/s of manufacture. Most of the blue-painted pottery is of the period covered by the reigns of Amenhotep III to Tutankhamun; its origin in the temples erected by Akhenaten at Karnak East is considered.
" Rouillages, Rouillages… une heure d'arrêt. " Une heure qui dépasse, qui déborde, qui déraille. Une heure dans cette gare en vrac, aux côtés de personnages en friche, qui résistent en chantant.
" Rouillages, Rouillages, prenez garde à l'intervalle entre le marchepied et le quai. " Albert Jalbert, Annet et Jeanne errent dans la gare de Rouillages, à moins qu'ils ne la hantent. Annet, chef de gare, chante son amour des trains, promesse d'un printemps qui n'arrivera peut-être jamais. Jeanne a tout vécu, tout connu, tout traversé, tout s'entasse en elle mais jamais ne meurt. Albert Jalbert, quant à lui, n'a pas d'histoire, il s'enroule dans la gare comme on se réfugie dans un rêve ou au creux de ses draps. Et puis il y a le Petit Coutard, insaisissable et fantomatique, qui traverse la gare sans jamais la toucher – à moins qu'il ne soit la gare. Une annonce brutale déchire l'espace-temps des personnages : leur heure est effacée, annulée, éclipsée. Mais ils ne renonceront pas au printemps des trains, ne ploieront pas sous le poids du barrage, ne se laisseront pas dicter leur tempo. Au bord de cet espace-temps troublé, le Pianiste accompagne, guide, impulse ou distord le rythme. " Rouillages, Rouillages… une heure d'arrêt " – ou plus.
En suivant les trajectoires de plantes, de substances et de dispositifs médicaux, ce dossier explore les divers usages et rapports à la nature qui s'exercent dans le domaine de la santé du XVIe au XXIe siècle.
Ce dossier explore les divers usages et rapports à la nature qui s'exercent dans le domaine de la santé du XVIe au XXIe siècle. En suivant les trajectoires de plantes, de substances et de dispositifs médicaux, il invite à repenser la relation santé-nature à l'aune de l'histoire environnementale et de la santé environnementale. Les différents articles ici réunis permettent de nuancer les oppositions usuelles entre biomédecine et médecines " naturelles ", mettent au jour la porosité des frontières entre marges et centre, et articulent des échelles qui vont du jardin à l'industrie pharmaceutique, du local au global. En étudiant des pratiques aussi variées que l'accouchement ou l'alimentation, ces contributions donnent à voir comment se redessinent, dans le temps long, les façons de soigner et les contours mêmes de ce que nous appelons " nature ". Ce dossier montre ainsi que le domaine de la santé, parce qu'il touche à l'intime, joue un rôle structurant dans la construction de ce qui est perçu comme " naturel ".