Ce dossier thématique enrichit la recherche interdisciplinaire sur la communication de crise, explore de nouvelles approches et études de cas, et met en lumière le rôle de la communication organisationnelle pour développer des réponses pertinentes aux crises actuelles
Vingt-cinq ans après le premier et unique numéro de Communication & Organisation consacré à la communication de crise (1999), les sociétés et les organisations ont profondément évolué. De nouveaux enjeux se sont ajoutés aux crises anciennes, nécessitant une actualisation des théories et des pratiques traditionnelles, ainsi qu'une exploration de terrains inédits capable de prendre en considération la multiplication et la " normalisation " des crises. Le dossier thématique Enjeux contemporains de la communication de crise : entre ruptures et continuités répond à la complexité des crises à la fois persistantes et en constante évolution, façonnées par les interactions humaines et les technologies au travail. Il vise à faire progresser les travaux interdisciplinaires en proposant des thématiques, des approches, des cadres théoriques et des études de cas renouvelés, éclairés par les transformations sociales et organisationnelles contemporaines. Ce numéro rassemble un nombre d'études menées sur des terrains internationaux et portant autant sur les stratégies numériques des organisations et des acteurs concernés que sur les solutions technologiques concrètes permettant d'appréhender et de relever les nouveaux défis liés aux crises organisationnelles, politiques, et culturelles. Des études de cas approfondies offrent des perspectives inédites et des approches renouvelées. Le dossier met également à l'honneur deux pionniers de la communication de crise, Patrick Lagadec et Timothy Coombs, dont les contributions proposent des pistes concrètes pour comprendre, anticiper et mieux gérer les crises.
Par une approche pluridisciplinaire attentive aux dimensions institutionnelles et administratives de l'École, à la fois l'ouvrage éclaire la fabrique politique de l'ordre scolaire et la structuration scolaire de l'ordre social et politique. À l'appui d'enquêtes rigoureuses sur des objets divers, les contributions saisissent l'institution scolaire comme un rouage central de l'État, un instrument de gouvernement des populations et un lieu de production des subjectivités politiques. Une invitation à penser l'École comme espace de pouvoir, de légitimation mais aussi de contestation.
Une vision tripartite des âges de la vie s'est peu à peu imposée dans les sociétés occidentales : l'enfance et l'adolescence consacrées à la formation ; la vie adulte marquée par le travail ; le troisième âge, celui de la retraite, où l'emploi n'est plus central. Depuis la fragmentation croissante des parcours de vie professionnelle, cette approche très figée a fait place à des analyses plus dynamiques. Aux âges projetant un ordre prédéfini d'étapes identiques pour tous, se substitue maintenant la reconstitution de la diversité des parcours générationnels et individuels. C'est cette approche qui inspire le livre explorant une question mal connue pour les périodes anciennes. L'âge n'a été en effet que fort rarement pris en considération par les historiens comme critère dans les situations de travail. Il s'agit alors d'évaluer les relations variées et changeantes entre âges et travail au cours de la longue période allant de la fin du Moyen Âge à l'époque actuelle, dans des secteurs variés : de l'agriculture aux manufactures, à la ville comme à la campagne. Cette mise en perspective historique permet de mieux saisir les enjeux des débats actuels sur le sens et le rôle du travail pour nous.
À Lille, Roubaix ou Tourcoing, des militant·es ordinaires ont façonné les années 68 bien loin du Quartier latin. Uneenquête par archives et récits de vie au coeur des années 68 révèle des luttes oubliées, des militant·es invisibles et des espaces de mobilisation insoupçonnés. En restituant des parcours syndicaux, féministes et révolutionnaires, ce livre ravive une mémoire locale oubliée par le récit national.
Un Projet alimentaire territorial ? Un PAT ? La diffusion du terme laisse à penser qu'ils sont désormais largement compris alors même que de nombreux acteurs ne saisissent pas entièrement leur intérêt et que les habitants ne savent même pas de quoi il s'agit. Effet de mode, entre-soi pour couches sociales urbaines à fort capital culturel ou nouvelle manière d'envisager l'alimentation et d'habiter le territoire, la question de l'alimentation locale durable est au coeur de cet ouvrage hybride original. Il rassemble chercheurs, élus et acteurs locaux comme nationaux autour de formats complémentaires : articles, témoignages, relations ou encore regards croisés. Un premier moment illustre et analyse le dispositif lui-même, de sa genèse à son appropriation en passant par son institutionnalisation. Un second donne à voir le PAT dans son territoire pour en saisir la capacité intégrative. Entre Covid et crises sociales et écologiques, il éclaire la manière dont les PAT poursuivent l'objectif attendu de " rendre accessible à tous une alimentation locale et durable " mais aussi s'emparent d'autres secteurs d'action avant de renouveler la question de la gouvernance. Le troisième moment propose un bilan du dispositif pour envisager son avenir. Des études et des entretiens auprès d'acteurs donnent des clés de lecture sur une éventuelle évolution du dispositif des PAT ouvrant sur les défis à venir : le genre, la santé, la gastronomie, la démocratie alimentaire ou encore la nourriture cellulaire.
Tout au long de sa carrière militaire, le colonel Léopold Justinard (1878-1959) s'est attaché à étudier et à faire découvrir les Chleuhs, un groupe berbère du sud-ouest du Maroc. Peu après son arrivée dans l'Empire chérifien au début des années 1910, il se mit rapidement à l'étude de la langue et de l'histoire de ces populations berbères par le biais de leurs productions poétiques : c'est durant cette période qu'il reçut le surnom de " capitaine chleuh ".
Léopold Justinard accéda à cette poésie chantée - l'amarg - grâce aux soldats qu'il avait sous ses ordres, aux notables et aux " grands caïds du Sud marocain ", ainsi qu'aux commerçants et artisans chleuhs des cités marocaines qu'il fréquentait, sans oublier les membres des petites communautés ouvrières de la banlieue parisienne qu'il côtoya à l'aube des années 1930.
Les textes rassemblés dans cet ouvrage, écrits des années 1920 aux années 1950, transcrits et traduits en français par ses soins, devaient à l'origine composer un recueil de poésie chleuh qui avait pour ambition de transmettre l'amarg à un lectorat français mais aussi aux Chleuhs instruits en français. Ce projet ne put cependant pas être concrétisé du vivant de Léopold Justinard.
Rachid Agrour présente ainsi une anthologie inédite, enrichie de plusieurs textes et documents issus des archives personnelles du colonel, qui remettent en contexte le parcours original de cet officier de l'armée d'Afrique, à la fois symbole d'un colonialisme triomphant et d'un rapport complexe à l'altérité mais aussi mémoire d'une histoire sinueuse.
Depuis une quinzaine d'années, les mouvements migratoires sont au coeur des préoccupations et s'inscrivent durablement dans le débat public et les imaginaires collectifs européens. L'écart entre les différentes réalités migratoires et les représentations que nous en avons est au coeur de ce livre. Le concept polysémique de " rupture " est ici mobilisé pour penser autrement, dans une temporalité large, les mobilités humaines contraintes, souvent violentes. Documenter la rupture en migration, en explorer le caractère systémique, permet en effet de penser autrement la question migratoire. Les analyses rassemblées ici offrent du point de vue de l'histoire, de l'anthropologie, de la sociologie et de la géographie sociale, une exploration fine et novatrice des mobilités contraintes. Fondées sur des enquêtes en archives et de terrain originales, elles interrogent l'apparente évidence de la rupture et éclairent le pouvoir d'agir des individus en contexte migratoire. Explorer les lieux et les temporalités de l'exil au prisme de la rupture permet ainsi d'appréhender la migration dans toute sa complexité anthropologique, et dans sa dimension la plus humaine.
" Je m'interroge sur ce que la ménagère fait à la science, et je crois avoir quelques révélations intéressantes à faire.
La récente abondance des données si souvent célébrée ne dispense pas des vérifications méticuleuses nécessaires pour en extraire le sens. L'air du temps nous incite à réfléchir aux infléchissements très complexes requis pour la transition environnementale. La sobriété, l'absence de gaspillage, le recyclage sont à l'ordre du jour. l'attitude ménagère, de bon sens, partagée par de nombreuses femmes, mais souvent dénigrée par la gent masculine, deviendrait-elle un style de vie à préconiser, une philosophie à promouvoir ?"
Le 17 mars 2020, à la veille du confinement, Johan Mathieu se retrouve seul avec le souvenir de Juliette. Qu'importe s'il a partagé un open space avec sa charmante collègue, il n'a jamais osé l'aborder et s'en mord les doigts aujourd'hui. Combien de temps avant de la revoir ? L'apocalypse est-elle proche ? Un matin, Johan reçoit une curieuse livraison de mochis – ce dessert japonais –, qu'il n'a jamais demandée. Intrigué par sa provenance, épaulé de son truculent livreur, il va braver les interdits pour mener l'enquête. Et retrouver peut-être la mystérieuse Juliette. Bâtie sur le modèle du journal intime, cette aventure a initialement été composée sur Instagram, par épisode quotidien, pendant la durée exacte du premier confinement. À la fois chronique de l'actualité, de l'isolement, roman initiatique, ce récit explore nos failles quand le quotidien nous est volé. Le roman a fait l'objet d'une exploitation en classe dans le cadre du projet pédagogique international Short Forms Beyond Borders, soutenu par l'union européenne. Il est devenu un appareil pédagogique livré ici. Les fiches fournies permettent aux enseignants de FLE/lettres modernes d'exploiter le roman directement en cours (du lycée à l'université), et aux apprentis enseignants de se former à l'élaboration de matériau pédagogique. Le carnet d'écriture, enfin, pose les jalons d'une méthode pour l'encadrement de l'écriture créative en classe.
Pertes, pillages, évacuations… La Première Guerre mondiale bouleverse les musées du Nord de la France. Porté par Musenor – Association des professionnels des musées de Hauts-de-France, cet ouvrage collectif explore les traces laissées par le conflit au coeur des collections régionales. Un éclairage inédit sur l'histoire du patrimoine en temps de guerre, à la croisée des enjeux actuels de mémoire, de provenance et de restitution.
Le numéro se compose d'articles rédigés par des spécialistes de l'oeuvre d'Ernaux qui proposent des approches renouvelées – génétique, intermédialité, anthropologie, traduction – sur deux récits très commentés ces dernières années (le récit canonique Les Années et Mémoire de fille) et un récit plus marginal L'Autre fille