Des arts visuels aux arts vivants : empreintes des représentations figurées sur les spectacles antiques ou inspirés de l'Antiquité
L'ouvrage, interdisciplinaire, étudie les références aux arts visuels dans les spectacles antiques et inspirés de l'Antiquité. Une série d'études de cas explore les différentes modalités de ces références et empreintes qui demeurent trop peu étudiées : les chorégraphies et mises en scènes peuvent ainsi reprendre des schémas iconographiques explorés par les artistes pour la représentation d'un mythe donné ; dans d'autres cas, le texte dramatique peut, par des indices linguistiques, entrer en rivalité avec la mimesis picturale ; enfin, les auteurs antiques jouent parfois de références, plus ou moins évidentes, au contexte monumental où devait se dérouler la première performance de leur œuvre.
Trop souvent réduite à un envers négatif de la clarté et du visible, l'obscurité s'avère remarquablement féconde dans les domaines artistique et littéraire. C'est cette fécondité qui est explorée à partir d'oeuvres provenant d'époques diverses, du XVIIIe au XXIe siècle, et dans des aires géographiques et culturelles variées, du Congo à la Suède, en passant par l'Espagne, l'Italie et la France. La perspective adoptée est résolument interdisciplinaire, l'obscurité nourrissant à parts égales la littérature, le théâtre, la philosophie, la musique et les arts visuels. L'obscurité, ou plutôt les obscurités, du flou à la tache d'encre, du clair-obscur à la nuit noire. Ainsi se révèlent sa richesse et sa diversité : elle est non seulement une image ou un symbole (celui d'époques troublées, de traumatismes individuels ou collectifs), mais aussi le lieu d'expériences métaphysiques et esthétiques, de révélations paradoxales, d'égarements et de tâtonnements toujours fructueux.
Cet ouvrage explore la carrière, les œuvres et la postérité de l'œuvre de Hugues Sambin (v. 1520-1601), célèbre menuisier-architecte du XVIe siècle, qui s'est vite imposé comme un artiste des plus rares capable de diriger la construction de décors éphémères, de proposer des plans pour des fortifications ou des projets pour des chantiers urbains, de faire preuve de compétences d'hydraulicien, de s'adonner enfin à la gravure et à la publication d'ouvrages tout en conservant une intense activité dans la confection de meubles. Cet ouvrage est un hommage posthume à Catherine Chédeau-Arabeyre (1963-2020), spécialiste de l'architecture de la Renaissance.
Avaler la pilule ou faire avaler la pilule ? En contexte de " crise de la pilule " en France, la centralité de la contraception orale dans le panel contraceptif français persiste. À travers une immersion ethnographique en consultations gynécologiques, l'ouvrage questionne l'envers d'une prévalence contraceptive élevée qui ne suffit pas à garantir un accès égal à l'ensemble du panel contraceptif pour toutes les femmes, selon les membres du corps médical qu'elles consultent et les caractéristiques des structures médicales. Après dix ans de recherches, la publication de cette enquête sociologique rend compte de la complexité de la réalité à l'heure des controverses autour des violences gynécologiques, en identifiant des outils prémunissant de ce risque, et favorisant le choix libre et éclairé des usagères, afin que la contraception puisse constituer un réel levier d'émancipation. L'ouvrage participe ainsi à la mise au jour de mécanismes qui freinent ou favorisent l'accès à la contraception libre et gratuite, attendu depuis plus d'un demi-siècle.
Le 11 février 1981, Bruno Edan, brillant élève des Beaux-Arts de Paris, meurt terrassé par une crise d'asthme. Il n'a que 23 ans. Il laisse une oeuvre flamboyante qui restera invisible et donc inconnue pendant quarante années. Paysages, portraits, autoportraits, poèmes et journaux intimes : tout a été conservé. Grâce à sa famille qui a entrepris de la faire connaître et reconnaître, son oeuvre revit aujourd'hui par des expositions et par une présence continue dans la Galerie Saphir. Le livre de Delphine Durand, historienne de l'art, permet d'approcher la puissance exceptionnelle de cette peinture profondément expressive et lyrique accordant à la couleur la première place. Bruno Edan était un être incandescent qui, dans un court et tragique destin, a incarné le génie même d'un artiste.
Goût pour les sciences naturelles, les antiques, la numismatique, les pierres gravées, les exotica, la sculpture et les arts graphiques, estampe et dessin : tel est le collectionnisme du XVIIIe siècle en France. Par l'étude de nombreuses collections tant à Paris qu'en province, le livre dresse dans chaque grand domaine, un nouvel état du savoir, richement documenté et souvent original. L'ouverture aux objets non européens ou aux Antiquités nationales met en évidence la complexité croissante de culture de la collection, du phénomène de la curiosité au XVIIIe siècle, puis son passage vers le cabinet encyclopédique, juste avant l'arrivée des musées du XIXe siècle. Par sa vision panoramique, l'ouvrage est une encyclopédie du collectionnisme en France au temps des Lumières. Ce faisant, il participe à l'histoire des savoirs et à l'histoire culturelle de la France du XVIIIe siècle. Il constitue le second volet d'une histoire du collectionnisme en France au XVIIIe siècle après le livre Peinture et plaisir. Les goûts picturaux des collectionneurs parisiens au XVIIIe siècle, paru aux PUR en 2010.
" Je ne suis pas son aidante, je suis sa femme ". Malgré la visibilité grandissante de l'aidance dans l'espace public, se dire " aidant " demeure compliqué. Le mot véhicule des représentations sociales souvent contradictoires. Dans le contexte de la maladie d'Alzheimer, il s'inscrit de surcroît dans un impensé culturel : celui de vivre avec une maladie qui efface progressivement l'histoire sur laquelle s'est construit le lien affectif ; celui d'accepter le rôle d'aidant en vertu de ce lien ; celui d'assumer les satisfactions et les peines de ce rôle. Le choix d'aborder l'aidance par les discours, par une analyse des mots et formulations langagières, permet de comprendre comment ces discours construisent une identité dans et à travers l'aidance. L'ouvrage analyse ainsi des pratiques plus ou moins opérationnelles, des savoirs progressivement construits, mais aussi des résistances – matérielles ou subjectives – auxquelles les aidants se heurtent pour assumer les tâches nécessaires. Inscrit en sciences du langage, il apporte un point de vue complémentaire à celui des sciences humaines et sociales sur un maillon essentiel de la chaîne de soin mais encore mal connu et mal reconnu.
Cet ouvrage socio-historique essaie, pour la première fois, de comprendre comment dans une université de taille moyenne, les sciences de l'éducation ont formé des étudiants et produits des recherches reconnues. Mais c'est aussi un livre qui engage une réflexion sur la question de la discipline des sciences de l'éducation : est-elle une discipline autonome ou un croisement de disciplines ? Epistémologie et socio-histoire d'une discipline dans les Hauts-de-France sont ainsi l'objet de ce livre.
La mort de Claude Lanzmann en 2018 a-t-elle changé notre manière de voir et de comprendre Shoah ? Depuis sa sortie en salles en 1985, ce " film-monument " est devenu une oeuvre incontournable au point de donner son nom au génocide des Juifs d'Europe. Pendant plus de 9 h 30, Shoah donne la parole à des victimes, des témoins et des exécuteurs du génocide, sans aucune voix off explicative, aucune image d'archives contemporaines des faits, ni aucune musique ajoutée au montage. Dans les nombreux débats que le film a suscités à propos du génocide et de ses représentations cinématographiques, Lanzmann défendait inlassablement ses choix politiques et esthétiques. Par bien des aspects, le réalisateur aura ainsi joué un rôle essentiel dans le processus qui a fait de son film une référence majeure. Sa disparition marque donc un tournant décisif dans la perception et la réception du film. Ce sont les conséquences de ce bouleversement que ce livre interroge à travers l'étude des rushes par de jeunes chercheurs, les témoignages d'autres membres de l'équipe du fi lm et l'examen des usages actuels de Shoah dans des documentaires, des salles de classe et des pièces de théâtre. Trois textes traduits de l'anglais donnent enfin accès à des réflexions inédites sur la question de la représentation et à une compréhension fine du processus de préservation des archives conservées à Washington. Menée de 2020 à 2025, cette enquête sur l'après Lanzmann fait mieux comprendre la genèse de Shoah, ce que l'oeuvre devient sans lui et comment la transmettre de nos jours.
Starmania, l'opéra-rock composé par Michel Berger et écrit par Luc Plamondon défie le temps. Interrogeant incessamment l'actualité politico-sociale et les grandes problématiques humaines ; inaugurant un modèle de production des hyperspectacles musicaux francophones ; fédérant autour d'elle un public intergénérationnel, l'oeuvre se présente comme une dystopie avant-gardiste qui trouve pour la première fois dans cet ouvrage un espace d'étude intégrale. De l'album concept produit par Warner en 1978 à la mise en scène post-apocalyptique de Thomas Jolly en 2022 à la Seine musicale de Boulogne, Starmania n'a eu de cesse de se réinventer en devenant un objet patrimonial de la culture populaire. L'ouvrage croise les analyses de chercheurs internationaux (littérature française, musicologie, sociologie, sciences de l'information et de la communication) et les voix rapportées d'artistes ayant participé aux différentes versions du spectacle devenu, au fil du temps, la passionaria des comédies musicales à la française.
Entre le XIIe siècle et le XVIe siècle, les théologiens médiévaux, en discutant de la possibilité d'excuser l'erreur en matière de foi, ont posé les conditions intellectuelles pour penser la tolérance religieuse. Leurs débats, largement méconnus, voire ignorés des philosophes, permettent de comprendre comment, dans le cadre d'une religion exclusiviste – le christianisme médiéval –, qui refuse tout salut en dehors de l'Église et sans adhésion à une vérité dont l'institution ecclésiale est la seule garante, il est tout de même envisageable de reconnaître, voire d'autoriser, la déviance religieuse. Or, c'est précisément quand le lien entre vérité et salut est suspendu que la tolérance religieuse et la liberté de conscience deviennent théoriquement pensables. Les débats autour de l'excuse du péché, en particulier du péché d'infidélité, étudiés dans cet ouvrage mettent au jour les concepts d'ignorance invincible et de conscience erronée, utilisés par les théologiens pour rendre compte du problème de l'hétérodoxie.
Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret.Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte.En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Manuel Charpy partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de " Les ombres de la beauté. Sur le dessin d'architecture néoclassique " de Michel Vernes.