Extrait

Je me rappelle très bien du premier cours – enfin, du premier atelier de jeu pour enfants – parce que j'avais une sensation très intime, que j'avais trouvé un endroit, une place. Une place où soudain tout était possible, où tous les espaces de contrainte qu’a un enfant – c’est-à-dire « ne fais pas ceci, ne vas pas là, fais attention, prends soin de toi, ne dis pas ça » etc. – subitement sur ce petit bout de moquette grise qui se trouvait à Sartrouville, dans cette MJC, tout d’un coup tout cela disparaissait : tout devenait possible, on pouvait tout dire, on pouvait faire un arbre, jouer un robot. Se travestir aussi, parce que je pense que cela a été un élément particulièrement important : pouvoir changer de corps, pouvoir changer d’âge, pouvoir changer sa manière de parler, comme par magie. Cela a été un espace de liberté énorme qui soudain s’ouvrait (...)".